‹ Le pape Léon XIIIChapitre 208 sur 248 · I. La FtiieUà du 31 décembre 189a — a. La Ftdeità · texte numérisé non relu

I. La FtiieUà du 31 décembre 189a — a. La Ftdeità

testât ion contre les faits accomplis, dé son incessante revendication des droits souverains du Saint-Siège, qu'il ne laissera pas prescrire.

Toujours attentif à faire tourner chaque chose au salut des âmes, Léon XIII profita de lattention universelle dont il était l'objet en cette année 1888 pour faire entendre à tous, dans l'encyclique Exeunte jam anno, des leçons d'une souveraine importance.

Dans la célébration «d'un événement privé, qui par lui-même n'avait rien d'extraordinaire, » et qui néanmoins « a excité d'une manière inusitée les sentiments de tous et donné lieu à tant de manifestations de joie, » le Pape voit la preuve de la grande place qu'occupe le Vicaire de Jésus-Christ dans les préoccupations des hommes, de l'espoir qu'ils ont en lui au milieu des difficultés de notre époque, enfin du respect des catholiques pour l'Église romaine, mère et maîtresse de toutes les autres. De là le devoir pour le Pontife de témoigner sa reconnaissance au Seigneur, et de faire connaître aux hommes la consolation que lui ont fait éprouver leurs hommages. « Mais il nous reste, ajoute Léon XI 1 1, un plus grand et plus saint devoir à remplir, » c'est de faire comprendre à tous que < le respect envers le Saint-Siège n'est réel que si, s'unissant aux vertus chrétiennes, il conduit les âmes au salut. C'est pourquoi le Pape s'est décidé à parler à ses enfants, pour les exhorter familièrement à mener une vie sainte. »

Pour être chrétien, il faut joindre à la foi l'exercice des vertus, d'où dépend non seulement le salut éternel, mais encore la prospérité de la société humaine. Or si l'on examine ce qui se passe, on doit reconnaître que les mœurs publiques et privées s'écartent considérablement des préceptes évangéliques. La plupart des hommes, oubliant d'où ils viennent et où ils vont, concentrent toutes leurs pensées sur les biens caduques et passagers de cette terre. De ce désir des aises et des délices naît une avidité effrénée de l'argent, qui aveugle les hommes et leur fait souvent perdre le sens du juste

Page 1