‹ Le pape Léon XIIIChapitre 218 sur 248 · CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME

mal a eu pour origine le refus de reconnaître aucune auti que celle de la raison. On rejeta d'abord l'autorité de l'Éj Pape, puis on en vint à nier l'ordre surnaturel, et tout au-dessus de la raison ; on nia toute autorité venant de nia Dieu lui-même, on tomba dans les folies de l'idéatlsti les abjections du matérialisme. Et voilà ce que les ratio les naturalistes appellent le progrès de la science, le proj société humaine alors qu'il est la perte de l'une et de l'au

En présence d'un pareil état de choses, il faut qu'après leurs humanités et avant d'entreprendre l'étude de la théi jeunes clercs reçoivent.àrécole de saint Thomas d" Aquin.ur préparation philosophique. « La méthode du docteur Anj admirablement apte à former les esprits : elle donne une m( facilité pour commenter, pour philosopher, pour argume façon serrée et triomphante : elle montre clairement en de déductions la dépendance des choses entre elles,et leur c enfin elle porte à la contemplation de Dieu, cause efficît et exemplaire suprême de toutes choses, auquel doivent se toute la philosophie et l'homme tout entier. » C'est par o Sophie de saint Thomas que les anciennes erreurs ont éti et que les nouvelles, différentes des anciennes seulem< nom et l'apparence, le seront également. « La raison i veut, et ne peut pas ne pas vouloir pénétrer d'un libre connaissance intime et profonde des choses : mais sous h de saint Thomas d'Aquin, elle y arrive plus facilemen librement, parce qu'elle jouit d'une grande sécurité san craindre de dépasser les bornes de la vérité. ï» Ce n'esi liberté mais une servitude que l'état d'une science qui er répand arbitrairement ses opinions. — C'est donc à saint Thomas que le jeune clergé doit se former à la phili à la théologie.

Mais pour être utile au peuple chrétien, la lumière de

doit briller sur le candélabre de la vertu. Les bonnes actions des prêtres seront plus efficaces que leurs paroles. Le Christ a voulu que ses disciples fissent connaître à la fois la doctrine de l'Évangile et son excellence par leur prédication et par leurs exemples.

« Les prêtres doivent donc se rappeler qu'ils ne font pas partie du siècle, mais que, choisis dans les desseins de Dieu pour vivre en relation avec le siècle, ils doivent vivre de la vie de Jésus-Christ. > Delà pour eux l'obligation de rechercher les intérêts du Christ et non les leurs propres, la grâce de Dieu et non la vaine grâce du monde; de fuir les corruptions terrestres, et de recueillir avidement les biens célestes pour les répandre avec une généreuse et prompte charité sur les hommes. Ils se garderont d'opposer ou de préférer leur jugement à celui de leurs évêques, mais, sous l'obéissance de ceux-ci, ils travailleront avec succès dans la vigne du Seigneur. Quant à ce qui concerne la puissance civile, « ses droits doivent être respectés diligemment par tous les citoyens, et plus diligemment encore par les prêtres : Rendez à César ce qui est à César (Matth., XXII, 2i). La charge donnée aux princes par Dieu, le dominateur suprême, est très noble et très honorable : ils doivent diriger, conserver, faire prospérer l'État par la prudence, la raison et la garde vigilante de la justice. Que les ecclésiastiques accomplissent donc diligemment tous les devoirs du citoyen, mais non pas d'une façon servile, par religion, non par crainte, conservant leur dignité en même temps qu'un juste respect, se montrant à la fois citoyens et prêtres de Dieu. S'il arrive que le pouvoir civil empiète sur les droits de Dieu et de l'Église, c'est au prêtre de donner l'exemple de la façon dont le chrétien doit, en des temps malheureux pour la religion, demeurer fidèle au devoir : qu'il supporte silencieusement ce qu'il pourra subir sans préjudice de la vertu ; mais qu'il soit prudent dans la tolérance du mal, et qu'il n'approuve ni ne flatte les méchants en aucune chose. Que s'il est mis en demeure de s'opposer à la volonté de Dieu pour plaire aux hommes, qu'il

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