CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME
service d'une association qui se réclamait de Gustavi pire ennemi de la dynastie bavaroise! Mais quand les aux mains du libéralisme et de la franc- maçonnerie, il aveugles et courent aux abîmes avec une sérénité stuf
Le réveil des catholiques, dont le congrès de Municl le signal, ne tarda pas à porter ses fruits sur le terrain p Les divisions qui travaillaient le Centre cessèrent, et te bres, au nombre de quatre-vingt-deux, s'entendirent p au gouvernement de renoncer au //a*:^^ royal en mati< et de réclamer du conseil fédéral le rappel des Rédem] partisans du ministère Lutz, libéraux de toute coul qu'au nombre de soixante et onze. La situation du cab gieux était donc compromise.
Pour gagner du temps et faire croire à sa bonn gouvernement chargea la faculté de théologie de l'I Munich d'examiner les liens qui rattachaient aux Rédemptoristes, expulsés en vertu de leur prétendue î Compagnie de Jésus. En même temps, M. de Lutz, quelques abbés de cour, s'efforçait de jeter le désar catholiques en proclamant que le Saint- Père s'était content de l'état de la religion en Bavière. Cette : reçut des démentis autorisés, était d'ailleurs trop toute l'attitude du Saint-Siège pour pouvoir tromper q
Vers la même époque le Centre perdit un de ses ch de Franckenstein.qui fut remplacé comme président d( haute de Bavière par un libéral ; mais cette mort i majorité aux catholiques unis. M. de Liitz dut biaiser mant d'une part qu'il ne considérerait les vieux-catholi exclus de l'Eglise que quand celle-ci se serait formelle: cée à cet égard (comme si le jugement de l'Église n't suffisamment formel !), il crut devoir faire une conces gageant à demander au conseil fédéral le retour des Ré(
Quant au placet royal nécessaire pour donner force de loi aux décisions doctrinales de T Église, le ministre maintenait la doctrine hérétique du gouvernement.
Un peu plus tard, devant la ferme attitude de l'opposition catholique, le cabinet se décida à une nouvelle reculade. Par un curieux tour de légiste, il consentit à reconnaître les vieux-catholiques comme exclus de T Église, non pas parce qu'ils se refusaient à admettre rînfaillibilité du Pape, dogme qui n'avait pas reçu en Bavière le placet royal, mais parce qu'ils ne croyaient pas au dogme de r Immaculée Conception. Pratiquement cette décision était fort importante, car elle retirait à la secte l'appui et le secours pécuniaire du gouvernement, sans lequel elle ne pouvait se soutenir; maïs, théoriquement, la doctrine du //ar^/ royal demeurait sauve, non sans quelque contradiction, il est vrai, puisque le dogme de l'Immaculée Conception n'a été admis comme dogme qu'en vertu de l'infaillibilité pontificale. Le gouvernement reconnaissait donc indirectement cette dernière, mais les bureaucrates n'y regardent pas de si près en matière de contradiction.
Le député Geiger accepta au nom du Centre la décision du gouvernement relative aux vieux-catholiques, mais en déclarant qu'il n'acceptait pas le motif unique donné à cette décision. Les évêques de Ratisbonne et d'Eichstatt protestèrent aussi qu'en reconnaissant la légitimité de l'exclusion des vieux-catholiques, ils lui donnaient pour seul motif leur rejet de l'infaillibilité pontificale par la secte.
Les catholiques avaient gagné trop de terrain sans doute pour que le gouvernement ne leur gardât pas rancune, et il le leur fit bien voir. La réunion d'un nouveau congrès catholique à Munich avait été annoncée par toutes les voix de la presse : l'occasion parut bonne pour afficher l'hostilité du pouvoir, et le prince-régent lui-même écrivit à l'archevêque de Munich qu'il considérerait cette réunion comme un danger pour la paix publique. Cette lettre, pleine d'expressions doucereuses et même dévotes,fut affichée sur les murs de
Munich au momt l'archevêque. Le tant, au congrès pareil abus de p s'était opposée à à la religieuse et Quelques jour Lutz, atteint d'u en fort peu de te:
en protestant qu' dans l'hérésie, d( ments. Puisse le
Le Pipc U<M XIII.
,~a4,,rr«T
gap. VfnsMrniHîèmE.
Né^ciatlons avec la Russie. — Arméniens et Nestoriens. — La question irlandaise : décisions du Saint-Office. — Une mission anglaise au Vatican. — L*fle de Malte. — Concordat avec la République de Colombie. — L'Equateur et le Saint-Siège. — Mort du cardinal Joseph Pecci.
'I, en Bavière, un gouvernement soi-disant catholique s'inspire de ce joséphisme étroit qui entrave de
i mille façons l'action salutaire dç rEgIise,en Russie, l'oppression qui pèse sur tes catholiques a toujours
t affecté un caractère de brutalité parfois sanglante. Un des principaux soucis de Léon XI H, audébut deson pontificat, avait été de chercher à améliorer la situation des catholiques de l'empire russe, en renouant des relations avec celte puissance. Nous avons vu plus haut, qu'après quelques résultats partiels, les négociations avaient été interrompues. En 1888, le gouvernement russe chargea son ambassadeur à Vienne .de faire parvenir à Rome des propositions pour l'établissement d'un modus vivendù D'après le M^orialdip/oma/içue.lt gouvernement impérial se déclarait prêta revenir à l'acte de 1 883, conclu entre le chancelier de Giers et le cardinal Jacobini; mais il insistait sur l'introduction de la langue russe en Pologne, pour les cérémonies non liturgiques du culte et pour l'enseignement du catéchisme. Le Saint-Siège avait écarté cette question en 1882. Il ne pouvait l'admettre en 1 888, car c'eût été exposer les provinces polonaises à une russification dangereuse pour la Foi du peuple. Les pourparlers furent conduits avec une grande prudence par le Saint-Siège, qui attendait beaucoup de l'esprit élevé
LE PAPE LÉOl
et des bonnes intentions du tzar. Un avait été accrédité auprès de la cou n'envoya pas de nonce à Saint- Pélers voie à Berlin ou à Londres. La Russi disposée à accepter ce mode de relati( rallier, en considération des progrès Balcans.
M. d« Glers, chancel
A la nouvelle de la reprise des nég et la Russie, il y eut parmi les Polona entretenue à dessein par la presse ani allait sacrifier l'intérêt religieux et nal tant à l'introduction de la langue russe C'était mal connaître Léon XIII et {
la lâcheté, le but secret de la mesure étant bien de préparer Tabsorptîon de TÉglise catholique en Pologne par le schisme russe. « Il suffirait de trois générations pour atteindre ce résultat >, disaient, dans l'entourage du tzar, certains zélés de Téglise orthodoxe. Maïs on comprit à Rome combien insidieuse était la proposition et Ton n'eut garde d'y accéder. Une autre question, plus grave et plus délicate encore, fit Tobjet des négociations. Le gouvernement russe eût voulu que le Saint-Siège approuvât les dispositions de la loi russe qui prescrit que les enfants issus de mariages mixtes soient élevés dans le schisme. Léon XIII soumit cette demande à la Pénitencerie qui, par un rescrit du 28 novembre 1889, répondit non licere. Cette réponse négative ne pouvait d'ailleurs être douteuse, car jamais et en aucun lieu, l'Église catholique n'a consenti et ne consentira à ce que les âmes des enfants soient livrées au schisme ou à l'hérésie, c'est-àdire mises dans la voie de la perdition.
Le gouvernement russe ayant échoué dans deux de ses réclamations les plus importantes au point de vue politique, il y a lieu
de considérer comme un triomphe pour la diplomatie pontificale la continuation des relations entre la Russie et la cour de Rome,ainsi que les résultats qui s'ensuivirent tels que la nomination des évêques de Wilna, Tiraspol, Plock, Dublin, Mohilow, etc., dont les sièges étaient vacants depuis de longues années.
Cette simple constatation montre combien sont injustifiables les attaques dirigées contre Léon XIII à propos de ses relations avec la Russie, par un diplomate anonyme appartenant, dit-on, à l'Autriche. Un homme d'État allemand, M. Geffcken, répète ces attaques dans un opuscule édité par M. Boyer d'Agen '. Elles ne prouvent qu'une chose, c'est que la triple alliance serait enchantée de voir le Pape brouillé avec la Russie. De là tout ce beau zèle pour les intérêts catholiques, prétendument « sacrifiés par Léon XI 1 1 à son rêve de restauration du pouvoir temporel >.