‹ Le pape Léon XIIIChapitre 226 sur 248 · I. La lutte de P Irlande i p · texte numérisé non relu

I. La lutte de P Irlande i p

C'est pourquoi, aux Éminentissimes Pères les cardinaux, inquisiteurs avec moi contre la méchanceté hérétique, il a proposé le doute suivant :

Dans les coniesiaiions entre locataires et propriHaires de fonds et fermes en Irlande^ est-il permis de se servir des moyens vulgairement appelés « le plan de campagne > et le < boycottage >?

Et à l'unanimité les Éminentissimes Pères, après un long et mûr examen, ont répondu :

Non.

Réponse que le Très Saint Père a approuvée et confirmée le 1 8 de ce mois.

La grande équité de ce jugement sera facile à apprécier par quiconque voudra remarquer que le prix d'une location établi par consentement mutuel, ne peut, sans atteinte à la foi de la convention, être diminué de l'avis du seul locataire ; surtout lorsque en vue de trancher ces contestations, il a été institué des tribunaux spéciaux qui obligent de ramener à d'équitables limites les loyers plus élevés qu'il n'est juste, et qui le font en tenant compte de la stérilité ou des fléaux qui auraient pu survenir. Il ne faut pas croire non plus qu'il soit permis d'extorquer un loyer des locataires et de le déposer chez des inconnus, sans tenir compte du propriétaire.

Enfin, il est absolument contraire à la justice naturelle et à la charité chrétienne de sévir, soit contre ceux qui sont plutôt disposés à payer les loyers convenus avec les propriétaires des fermes et dont ils sont contents, soit contre ceux qui, usant de leur droit, prennent en location des terrains inoccupés.

C'est pourquoi il appartiendra à Votre Grandeur d'agir prudemment, sans doute, mais efficacement à ce sujet, auprès des prêtres et des fidèles, de les avertir et de les exhorter, afin qu'en cherchant le soulagement de leur sort malheureux, ils gardent la charité chrétienne et ne transgressent pas les bornes de la justice-

En attendant, je suis heureux de demander à Dieu pour Votre Grandeur toutes sortes de prospérités.

Votre tout dévoué dans le Seigneur,

R. Cardinal Monaco.

La décision pontificale fut connue du public au moment où le cabinet tory venait de faire voter un bill d'état de siège des plus draconiens, que le vice-roi Balfour exécuta avec la dernière rigueur. De plus le décret du Saint-Office, qui n'était pas destiné à la publicité, fut, par suite d'une inexplicable indiscrétion, divulgué en premier lieu par la presse protestante anglaise S dont les ricanements

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