CHAPITRE VINGT-TROISIÈMK
triomphants retentirent douloureusement dans les cœurs dais.
Ces circonstances excitèrent une vive émotion en Ir réunit des meetings de protestation, où des paroles inci et violentes furent prononcées. Les évêques durent i Par délibération prise à Dublin le 30 mai 1888, ils d que le décret du Saint-Office ne visait pas à ex< action politique, mais à définir une question de morale ; • Père venait d'ailleurs, ajoutaient-ils, de faire savoir tout r à l'épiscopat irlandais que, par ce décret, il ne prétendait enrayer le mouvement national, mais au contraire faire ( un obstacle à sa réussite ;» enfin, tout en manifestant leui aux chefs du mouvement nationaliste, ils leur rappelaient, - tous les fidèles, le droit inaliénable du Souverain- Ponti noncer avec autorité dans toutes les questions de foi et < A ce grave avertissement Léon XIII ajouta l'autorité de par l'encyclique Saepe nos du 24 juin 1888, adressée à 1 irlandais. Il y protestait de nouveau de son amour poui et s'étonnait de l'agitation qu'avait provoquée, grâce sui fausses interprétations, un décret concernant une question c rendu après un examen des plus approfondis. Il rappelait catholiques au devoir de l'obéissance, et condamnait l'ina de ceux qui provoquaient le peuple à des réunions turbu l'autorité du Saînt-Siège était méconnue. « Notre office, î
< nous interdisait de souffrir que tant de catholiques, doi « nous est spéciïdement confié, suivissent une voie dang
< glissante, plus propre à tout détruire qu'à soulager les n « faut donc considérer les choses selon la vérité : et l'Irl
< reconnaître dans ce décret même notre amour envers ell « désir de sa prospérité, parce que rien n'est plus fatal à i « quelque juste qu'elle soit, que d'être défendue par la v: « l'injustice. >
Puisse la malheureuse Irlande suivre ces tendres et graves avis du Père commun des fidèles. Le Vicaire de Jésus-Christ doit la vérité aux persécutés aussi bien qu'aux persécuteurs, et si à ces derniers il oppose la force de la parole évangélique, il doit aussi aux premiers la lumière qui les empêche de courir à leur perte. Le cœur de Léon XI 1 1 aura dû saigner en pensant que beaucoup de fidèles Irlandais seraient attristés par sa parole, mais si ceux-ci
écoutent cette parole de vie, il se réjouira comme saint Paul de les avoir attristés pour leur salut.
L'action de Léon X I II en I rlande est critiquée par le diplomate de la Contemporary Review aussi amèrement que son attitude politique vis-à-vis de la Russie. Il n'y veut voir que le désir d'amener à tout prix un rapprochement avec le gouvernement anglais, dût l'Irlande en payer les frais. Il appelle précipitée la conduite de la cour de