‹ Le pape Léon XIIIChapitre 228 sur 248 · CHAPITRE VIHGT-TROISÏÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIHGT-TROISÏÈME

Rome. Il prétend que les Irlandais ont refusé d'accepter la doctrine du Vatican, basée, dit-il, « sur le principe que le Saint-Siège a le droit de se mêler de toutes les questions politiques ».

Le récit succinct que nous avons donné des événements d'Irlande, renverse les assertions de l'auteur anonyme.

Sans vouloir nier que le Saint-Siège ait cherché à se rapprocher du gouvernement anglais, il est manifeste qu'il ne l'a fait que dans l'intérêt commun de l'Irlande et de l'Angleterre. Bien plus, le cardinal Manning, dans une polémique avec M, Gladstone en 1890, a établi qu'à un moment donné Léon XIII eût pu obtenir l'établis-

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sèment d'une légation anglaise à Rome, s*il avait voulu se montrer hostile à Xhome rule^ mais il rejeta dédaigneusement ce marché ' dont le prix eût été la liberté de l'Irlande. Tous. les documents émanés de Rome démentent l'accusation de la Contemporary Review, car tous affirment le droit pour les Irlandais de chercher à améliorer leur condition et la grande sympathie du Pape pour leiir cause. Au reste le boycottage et X^plan de campagne, « n'ont jamais été adoptés par la National organisation, et ont été repoussés par Parnell, le chef reconnu du parti national, et par Gladstone > . C'est l'évêque de Limerick qui l'affirme 2, et il serait injuste de demander à Léon XI 1 1 d'être plus nationaliste que les nationalistes mêmes! Enfin si le Pontife a dû condamner certains procédés employés par une partie des défenseurs de l'Irlande, c'est, il le dit lui-même, dans l'intention d'enlever un obstacle au succès de cette cause. L'avenir montrera, nous n'en doutons pas, combien cette vue est juste.

Quant à l'accusation de précipitation, elle est puérile, si l'on songe que Léon XIII a fait venir, à Rome même, les prélats irlandais pour prendre leur avis sur la situation de l'île, qu'un légat pontifical, homme vieilli dans les missions des Indes et de l'Amérique et dans l'épiscopat, a passé des mois dans cette île, en relation constante avec l'épiscopat et le clergé ; si l'on songe enfin que le Pape a mis à la tête de l'Église d'Irlande un ardent défenseur de la cause nationale,un homme dont la voix éloquente ne cesse de s'élever pour revendiquer les droits de ses concitoyens. Le Chef suprême de l'Église, mieux placé que tout autre pour apprécier une situation dans son ensemble, serait-il donc seul aveugle et sourd à ce que tout le monde voit et entend, seul incapable de porter un jugement équitable sur cette situation ?

En ce qui concerne le rejet de la doctrine du Vatican par les Irlandais, les déclarations de l'épiscopat irlandais protestent contre cette

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