CHAPITRE PREMIER
Ses débuts eurent lieu aune époque difficile. L'année 1837, — qui le vit successivement nommer par Grégoire XVI prélat domestique, référendaire du tribunal de la Signature tXponent de la Congrégation du Buongoverno, — fut signalée par une terrible invasion du choléra dans la Ville éternelle. Le cardinal Sala, placé à la tête de la commission sanitaire chargée de tenir tête au fléau et d'organiser les secours au milieu de l'épouvante universelle, trouva dans Mgr Pecci un auxiliaire plein de charité, qui savait conserver son sang-froid dans des circonstances aussi propres à le faire perdre. Voici ce que Joachim écrivait, le 16 août, à son frère Jean-Baptiste : i Si moi aussi je dois être parmi les victimes, j'incline mon front devant les dispositions du Très-Haut, auquel j'ai déjà fait le sacrifice de ma vie, en expiation de mes fautes : j'ai néanmoins le cœur calme et tranquille quoi qu'il puisse arriver. >
Dans une autre lettre datée du 1 7 septembre, il exprime son admiration pour le dévouement déployé par les Jésuites dans l'assistance des cholériques : « Aucun des Pères n'a été atteint, et cependant ils sont jour et nuit au milieu des malades dans tous les quartiers. Vous apprendrez avec plaisir que notre frère Joseph se distingue entre tous. Il n'eut pas plus tôt célébré, le 27 août, sa première messe, qu'il s'est mis immédiatement à exercer le ministère avec grand zèle et grande charité, entendant les confessions, assistant, encourageant les pauvres cholériques et leur disant les prières des agonisants. Toujours prêt à chaque appel, il est hors de la maison toute la journée, et c'est à peine si j'ai pu m'entretenir avec lui quelques instants et lui baiser la main par dévotion. » Si Joachim montrait tant de vénération pour les mains consacrées, charitables et bénissantes de son frère, c'est que les siennes n'avaient pas encore reçu Fonction sacerdotale, et qu'il enviait le bonheur de celui qui déjà pouvait se sacrifier à l'assistance spirituelle de ses frères. Mais le moment approchait où il allait, lui aussi, atteindre l'objet de ses vœux ardents.
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il reçut en effet, à quelques jours de distance, le sous-diaconat, le diaconat et le sacerdoce, et s'y prépara par une longue retraite d'environ trois semaines passée au noviciat des Jésuites à St-André
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du Quirinai. Le sous-diaconat lui fut conféré de 17 décembre, et le diaconat le 24 décembre 1837. Au lendemain de ces premières ordinations, il écrivait à son protecteur et ami le cardinal Sala :