‹ Le pape Léon XIIIChapitre 4 sur 248 · AVANT-PROPOS. III · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. III

mes quils sont dans de volumineuses collections, ou difficiles à apprécier dans leur ensemble à cause de leur longueur.

A ceux qui me reprocheraient cC avoir pris parfois le ton du panégyrique ou du plaidoyer, Je répondrai qu'il cbit être permis à un prêtre catholique d'exalter les triomphes de la Religion reconnus par ses adversaires eux-mêmes : ceci soit dit pour rencontrer le premier reproche. Quant au second, il existe malheureusement un bon nombre de catholiques devant lesquels il y a à plaider pour leur faire cuim^ttre les enseignements du Souverain-Pontife, fai la conviction que ce qui^ dans ce livre ^ peut paraître un sujet deplaicbyer, sera aux yeux de la postérité un titre de gloire incontestée pour Léon XIII.

Il a en effet, au milieu des angoisses et des ténèbres de l'heure présente, ouvert une voie qui deviendra de plus en plus lumineuse aux yeux de tous. Puissent ces pages, dans l'humble mesure à laquelle elles peuvent prétendre, contribuer à faire briller cette lumière de salut qui est la caractéristique du règne de l'auguste Pontife dont elles retracent la vie et les œuvres.

L'avieur,

Roms, en la fête de la Chaire de Saint- Pierre, 1 8 janvier i8ç<f.

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Portrait de Léon XIII. — Ses ancêtres. — Ses parents.

— Sa patrie : Carpineto. — Naissance de Joachim Pecci.

— Ses premières années. — Le collège de Yiterbe. — Le Collège Romain. — L'Académie ecclésiastique. — Entrée de Joachim Pecci dans la prélature. — Son ordination sacerdotale.

A piété catholique se plaît à donner au Souverain- Pontife le nom de Saint-Père. Aucun nom ne saurait être mieux choisi : le Pape est le Père de tous les fidèles par lautorîté qu il a sur chacun d'eux, et par la paternelle sollicitude qu'il prend des intérêts spirituels de l'immense famille confiée à sa garde ; et ce Père est justement appelé saint par la nature de sa paternité, aussi bien que par les vertus qui doivent le soutenir dans l'exercice de sa suprême autorité. A cette sainte paternité du Vicaire de Jésus-Christ correspond, chez tous les catholiques, un sentiment d'amour filial et de vénération, qui attire tous les cœurs vers le Pape et incline devant lui toutes les volontés. Avant même que de connaître le Saint-Père, tout catholique l'aime, tout catholique lui est dévoué du plus profond de son âme. Mais s'il est un désir légitime au cœur d'un fils, c'est bien celui d'apprendre ce qui concerne le Père qu'il aime et auquel il obéit. Le but de la présente biographie est de satisfaire à ce désir des enfants spirituels de notre Saint- Père le Pape, en faisant connaître les principaux faits de la vie de Léon XIII, et tout ce qui peut contribuer à donner une juste idée du grand pontife qui gouverne actuellement l'Église.

Le Pape L^n XIII.

Avant d'entreprendre notre récit, nous voudrions pouvoir en quelque sorte conduire le lecteur aux pîeds du Souverain-Pontife. Qu'il veuille donc bien se transporter en esprit jusqu'à Rome, et monter avec nous les splendides escaliers du Vatican.

Nous voici arrivés à l'immense salle des gardes, où retentit le pas sonore de quelques Suisses, au costume tricolore, noir, jaune et rouge, à la longue hallebarde et au casque pointu. Nous pénétrons dans la première antichambre des appartements pontificaux, et Sans nous arrêter à considérer les valets de pied vêtus de damas rouge qui l'occupent, nous traversons une série de vastes salons de style sévère, dont les murs sont tapissés de pourpre ou ornés de superbes gobelins représentant des scènes de la vie de Notre-Seîgneur. Dans le dernier de ces salons un trône se dresse sur un gradin, surmonté d'un grand dais en velours rouge à crépines d'or. C'est la salle du Trône, où le Pape donne les audiences solennelles. Au delà, est une antichambre plus petite qui conduit aux appartements particuliers ou, comme on dit au Vatican, aux appartements secreis du Saint- Père. La salle du Trône et cette dernière antichambre sont occupées par les camériers secrets en habits violets, et par les personnes qui attendent une audience particulière. Prenons place sur les massifs sièges en bois, ornés de marqueterie, qui sont rangés le long des murs de la salle du Trône.

Après une attente plus ou moins longue, un coup de sonnette nerveux retentit. C'est le Saint-Père qui annonce la fin de l'audience précédente et attend de nouveaux visiteurs. Un camérier vient, d'un air pressé, nous inviter à entrer. Nous traversons l'antichambre; on nous ouvre une dernière porte, qui donne accès dans un petit salon rouge meublé sans aucun luxe, et nous sommes devant Léon XIII. Le Saint- Père est assis au fond de la chambre sur un fauteuil doré, auprès d'un bureau chargé de papiers. Sa pâle figure, entourée comme d'une auréole de blancs cheveux, rivalise de blancheur avec ses

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vêtements entièrement blancs. Mais la taille de l'auguste vieillard parait droite encore, et une vie intense se manifeste dans ses yeux noirs et brillants. Tous ceux qui approchent du Pape sont frappés de la saisissante expression de ces yeux, tous ceux qui ont tenté la difficile entreprise de décrire sa personne en ont parlé, et quant aux peintres, ce regard est l'écueil où échoue leur talent Le

L« Vatican.

pinceau ne peut arriver à rendre le reflet dame qui des yeux du Pontife s'échappe comme un rayon et pénètre l'interlocuteur, comme si l'âme du Pape entrait en communication directe avec la nôtre, n'empruntant d'autre intermédiaire que ces yeux, qui semblent donner la lumière au Heu de la recevoir. Qui de nous n'a vu le portrait photographique de Léon XIII ? Ses portraits sont répandus dans tout l'univers, mais ÏI en est bien peu qui rendent exactement

ionomie. C'est l'expression qui est tout dans cette figure, ïroduction matérielle des traits n'en peut donner qu'une le idée. L'intelligence et la volonté, dans leurs plus hautes ations, marquent de leur signe tous les linéaments du aussi faut-il entendre parler le Saint-Père pour saisir le ictère de sa physionomie.

rôle du Pape est lente, grave et pesée dans chaque mot, elle donne une expression profonde et particulière. Le esuré qui l'accompagne, accentue encore cette expression. JII ne se départit jamais du sérieux et de la majesté nt pontificale qui le distinguent ; on ne le voit pas rîre, lourit volontiers, et son sourire, empreint de bienveillance, sa figure naturellement sévère d'un charme qui va au cœur, l'il vient du cœur.

E saurait croire combien le Pape s'intéresse à la convere ceux qui ont le bonheur de lui parler. Il déploie alors niion et une mémoire extraordinaires. Il rappelle avec une 1 étonnante les détails les plus minutieux des choses qu'on :es en d'autres occasions, ou des faits dont il a été témoin, serve un souvenir très vivant des lieux qu'il a parcourus et sonnes qu'il a connues au cours de sa longue vie ; et pour st du présent, toutes les nations de cette terre, où il occupe du Christ rédempteur du monde, ont leur large place dans e et dans le cœur du Pape.

)utes les parties de l'univers monte vers lui le cri des âmes orent secours et lumière au milieu de leurs difficultés et de julations. Les empires, les nations, les tribus, les chefs des empereurs, rois, présidents de république, hommes d'état ; j de l'Église, cardinaux, évêques, supérieurs d'ordres, et communautés, les familles, les particuliers, tout cela passe iment devant les yeux, devant l'intelligence, devant le cœur 1 XIII, étalant au pied du roc mystique où est assis le

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