CHAPITRE TROISIÈME
de parti. > Telle devait être en effet la règle de conduite de Mgr Pecci dans les circonstances parfois délicates où il se trouva au cours de sa nonciature ^
On voit sans peine quel vaste champ d'étude la situation intérieure de la Belgique offrait au nonce et combien devait être fructueuses les observations qu'il put faire sur l'action catholique au sein des sociétés modernes, sur les dangers dont le libéralisme menaçait ces mêmes sociétés, sur les besoins, les illusions, les maux et les espérances du monde nouveau qui semblait vouloir s'élever sur les débris de l'ancien. Nulle part cette sorte de fermentation, ce mélange d'éléments divers qui cherchaient tantôt à s'exclure et tantôt à se concilier avec plus ou moins de raison et de bonne foi, n'était aussi visible ni aussi actif qu'en Belgique, et, si l'on nous permet une comparaison un peu vulgaire, c'est en Belgique qu'il fallait tâter le pouls à la société moderne pour s'édifier sur ce que son tempérament pouvait offrir de ressources, aussi bien que sur le malaise qui la travaillait intérieurement Ne faut-il pas reconnaître un trait manifeste de la Providence dans le séjour de Mgr Pecci en Belgique à un moment aussi intéressant et aussi décisif.*^ N'est-ce pas le moyen dont Dieu se servit pour lui faire acquérir cette connaissance approfondie du monde moderne et des remèdes nécessaires à son état, dont témoignent les encycliques du pape Léon XIII? Mais, à cette époque, la Belgique n'était pas seulement intéressante à étudier au point de vue de sa politique intérieure, elle l'était encore quant à la politique générale de l'Europe. Léopold IcJ", par son origine allemande, par son alliance avec la famille régnante de France, par les étroites relations qu'il avait conservées avec l'Angleterre après la mort de sa première femme,
I. La Religione Cattolica e Pesercizio delPautorità vescovile godono nel Belgio per Divina misericordîa d'una libertà, di cui pur troppo si manca in parecchi altri Regni. Ora egti è stretto dovere del Nunzio apostolico di tutelare la libertà medesima. A raggiuDgere un tal fine fa duopo primicramente, che il Nunzio non si mostri animato da un zelo indiscreto e molto meno da qualunque spirito di partito.
îsse Charlotte, avait part aux conseils de ceux qui dirila politique du monde entier. De plus, ses qualités personnellement remarquables, sa haute sagesse, son jugement jusqu'à son extérieur plein de majesté et à ses manières aurtoisie sans égale, lui conciliaient une influence souvent lérante dans les conseils des souverains, qui le prenaient rs pour arbitre de leurs différends. On peut juger par là de qu'offrait un poste diplomatique à Bruxelles, juveau nonce ne tarda pas à apprécier le roi Léopold. Dès lencement de son séjour en Belgique, il avait exprimé à >rnari l'impression favorable qu'il avait gardée de ses preipports avec la famille royale. Le nonce de Paris lui répon- 9 mai 1843 ; < J'étais bien convaincu que vous seriez très de la conversation du roi et de la reine, j'espère que les ts entretiens que vous aurez avec Sa Majesté, vous feront Itre toujours davantage sa propension décidée pour la bonî ; et, avec le temps, vous verrez que cette propension ne 1 stérile, bien qu'il y ait des gens qui n'en soient pas per- Quant à la reine, il n'est pas douteux qu'elle ne soit d'une minente, et qu'on ne puisse l'appeler une véritable sainte, 'ais vous raconter des faits qui mériteraient d'être recueillis postérité. Mais on ne peut tout écrire. Si vous avez l'hontre admis, comme je l'espère, avec une certaine intimité dans nille, vous y trouverez des choses à admirer. > L'espoir de irnari ne tarda pas à se réaliser.
bilité, le tact de Mgr Pecci, le firent promptement rè- ■ du roi Léopold I", dont le grand sens ne se trompait point érite des hommes. 11 s'en fit Un ami, et le nonce devint . > la cour ; le roi le consultait souvent et se plaisait parfois ;r des questions embarrassantes. Mais le nonce s'en tirait : avec honneur, et le roi disait en souriant : € Vraiment, yneur, vous êtes aussi bon politique qu'excellent prélat >