‹ Le pape Léon XIIIChapitre 48 sur 248 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

De son côté la reine Louise- Marie Taffectionnait beaucoup. Elle armait à lui demander sa bénédiction pour elle et pour ses enfants ^

Ce fait n'a pas été oublié par^gr Pecci; il le rappela un jour à un membre du clergé belge qu'il recevait à Pérouse. € J'ai bien connu, lui dit-il, le père de votre roi actuel et sa pieuse mère. Souvent j ai été admis dans une aimable intimité par la famille royale, et j'ai tenu dans mes bras le petit Léopold, duc de Brabant. Il me souvient même que la reine Louise-Marie, qui était si bonne chrétienne, me demandait la bénédiction pour son fils atné, alors âgé de huit ou neuf ans, afin qu'il eût le bonheur de devenir un bon roi. Et je l'ai béni plusieurs fois'avec cette espérance... >

L'aristocratie bruxelloise apprécia bientôt, à l'égal de la famille royale, les qualités du nonce. Il nous parait intéressant de noter à ce propos un incident, dont nous empruntons le récit à Mgr Besson. Le jeune comte Frédéric de Mérode, âgé alors de dix-neuf ans, était poussé par son beau-frère le comte de Montalembert à embrasser la carrière des armes. < Le comte Félix de Mérode hésitait davantage sur la vocation militaire de son fils. Il alla consulter le nonce de Bruxelles, son voisin, son ami, jeune prélat qui débutait presque dans la carrière diplomatique, mais dont les conseils, empreints d'une profonde sagesse, étaient tenus en grande considération dans la famille. Ce nonce se nommait Joachim Pecci ; il occupe aujourd'hui, sous le nom de Léon XIII, le trône de S. Pierre... Il partagea l'avis de Montalembert et rassura son noble ami : € Vous appartenez, lui dît-il, à la grande noblesse du pays. Votre nom est mêlé à toute l'histoire militaire des Flandres et des Pays-Bas. Laissez, votre fils suivre l'inclination qu'il montre pour les armes. Qui sait s'il n'arrivera pas, comme ses ancêtres, aux premiers honneurs de la guerre. Il est pieux, il est chaste, Dieu le gardera et sa vertu s'affermira dans l'épreuve. » Rassuré par ce conseil, le comte

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