‹ Le pape Léon XIIIChapitre 54 sur 248 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Tassurance que les corrections demandées à renseignement philosophique de Louvain se feront sans difificulté. » Nous n'avons pas à exposer ici par suite de quelles circonstances cette affaire se prolongea pendant plusieurs années et ne fut définitivement tranchée que beaucoup plus tard. Au moment dont nous parlons, on pouvait croire la chose réglée, grâce à l'intervention bienveillante autant que ferme de Mgr Pecci. Aussi Mgr Fornari lui en témoignait-il sa joie en ces termes, le 27 décembre 1843 : « Dieu soit béni de ce que Ton ait abouti à une décision par rapport aux doctrines philosophiques enseignées à l'Université de Louvain. Dès 1842, j'avais envoyé à Rome les œuvres de M. Ubaghs et de M. Tits, avec de nombreuses observations, relevant les erreurs que contenaient ces doctrines et demandant qu'on les fît examiner par la congrégation de l'Index, afin que, si mes observations étaient trouvées justes, on prit les mesures que prescrivent les règles de l'Index par rapport aux écrivains catholiques; et cela pour ne pas faire de bruit, ne pas créer de scandale et ne pas mortifier les évêques qui ne s'étaient pas aperçus (excepté l'évêque de Gand) ' des défauts de cet enseignement. Je demandais donc que l'on me communiquât la décision de la Congrégation, afin d'obtenir de ces Messieurs qu'ils rétractassent pleinement leurs erreurs... Je vois qu'on a entièrement suivi mon plan et j'en remercie Dieu ! »

Il fallut encore quelques années, comme nous l'avons dit, pour désabuser les intelligences éprises de ces systèmes, séduisants pour des esprits adonnés aux spéculations abstraites. Rome avait dès l'abord discerné ce que ces doctrines avaient de décevant. Elles sont aujourd'hui ensevelies dans le tombeau des philosophies mortes, et personne, ni parmi les catholiques, ni parmi les hétérodoxes, ne prend parti pour elles. Rome, comme toujours, avait vu juste. Mais en désapprouvant les doctrines, elle rendait justice aux hommes, et nul, mieux que le nonce Pecci, ne sut apprécier les intentions et

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