CHAPITRE TROISIÈME
collège, non sealement dans son administration temporelle, mais aussi dans sa partie disciplinaire, d'une façon à peu près indépen-
Lq Collfege bolge «t la plaça des Quatre fontaines, à Rome.
dante. > Le secrétaire d'État ajoutait que le St-Père, après avoir pris
Tavis d'une commission de cardinaux, avait décidé que « le collège serait confié à un protecteur choisi parmi les cardinaux résidant à Rome >. Il chargeait ensuite Mgr Pecci de la mission assez délicate de faire comprendre aux évêques « qu'un collège fondé à Rome par n'importe qui devait, en règle générale, demeurer entièrement soumis à Tautorité ordinaire qui est ici exercée par le cardinalvicaire. C'est donc une marque de distinction toute spéciale, que de lui donner un protecteur particulier, d'autant plus que, pour ces fonctions, on a coutume de déléguer un cardinal affectionné à l'établissement qui lui est confié. Dans le cas présent, le cardinal protecteur s'efforcera tout naturellement de marcher d'accord avec les évêques, pour ce qui concerne le collège fondé par eux. De plus, s'il se produisait des questions litigieuses, ou d'autres circonstances qui missent en péril les intérêts du collège, il est évident que les évêques, absents de Rome, ne pourraient défendre ces intérêts avec autant d'efficacité que pourra le faire un cardinal chargé ici par Sa Sainteté de les protéger. » Le nonce s'acquitta de sa mission avec succès, comme il résulte de sa lettre du lo janvier 1845 ^lu secrétaire d'État Le cardinal Sterckx accepta très volontiers, en son nom et au nom de ses collègues, la décision prise par le Saint- Père. En manifestant le désir de réserver à l'épiscopat belge la protection du susdit collège, « il n'avait voulu, par ces paroles, faire allusion qu'à une protection entendue dans un sens vague, telle qu'elle peut dériver du fait que ce sont les évêques qui enverront les jeunes ecclésiastiques à Rome et pourvoiront à leur entretien ». Quant au choix du protecteur, Mgr Pecci écrit « qu'il a remarqué la haute estime dont le cardinal Sterckx entoure les cardinaux Maï, Mezzofanti et Franzoni ; il pense donc que la nomination d'un d'entre eux serait, en tous cas, agréable à Son Émînence. » Peu de temps après, le cardinal Mezzofanti, si célèbre par sa prodigieuse connaissance des langues, fut nommé protecteur du collège belge.