‹ Le pape Léon XIIIChapitre 57 sur 248 · CHAPITRE TROISIÈUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈUE

Une anecdote sur ce cardinal ne sera peut-être pas déplacée ici. Un jour il rencontra l'abbé Malou, depuis évêque de Bruges, et alors élève au collège germanique, et lui adressa la parole en

pur flamand j l'étudiant répondit dans la même langue, qui était sa langue maternelle. L'ayantécoutéavècattentîon, le cardinal lui dit: < Mon ami, vous oubliez votre langue. A force de vous trouver en

relation avec des Allemands, vous mêlez des mots allemands à votre flamand. > Ce trait donne une idée de la perfection avec laquelle le cardinal Mezzofanti possédait les nombreux idiomes qu'il parlait.

Mgr Pecci conserva toujours une affection spéciale pour le collège qu'il avait contribué à fonder. Plus tard, quand de Pérouse il se rendait à Rome, le cardinal se plaisait à y fixer sa résidence ; il aimait à converser avec les étudiants, s'informait de leurs études et leur donnait, tant en public qu'en particulier, de paternels avis. Il prenait aussi plaisir à les accueillir à Tévêché de Pérouse, lorsque les vacances leur donnaient l'occasion de passer par cette ville. En un mot, il reportait sur le collège belge l'affection si vive qu'il avait gardée pour la Belgique. — Devenu pape, Léon XIII n'oublia pas le collège belge. Il lui donna une première iparque d'honneur et de souvenir en appelant, dès le début de son pontificat. Mgr van den Branden de Reeth, son président, à faire partie de la Maison pontificale en qualité de camérier secret participant, et depuis lors il n'a cessé de prodiguer à l'établissement les témoignages les plus précieux de sa sollicitude et de son affection. Le lo juillet 1888, il mettait le comble à ses bontés envers le collège belge, en lui assignant un capital de cent mille francs, destiné à l'entretien de sept étudiants ecclésiastiques appartenant à tous les diocèses de Belgique. Ce don royal était accompagné d'un motu proprio des plus honorables pour le clergé belge en général et pour le collège belge de Rome en particulier. Léon XIII y rappelle avec complaisance la part qu'il prit à la fondation de cet institut pendant sa nonciature en Belgique ; il atteste les qualités reconnues par lui dans le clergé de ce pays. « Nous avons pu jadis, dit-il, voir de près les prêtres belges : ni le temps ni le lieu ne Nous ont manqué pour admirer leur discipline, leur zèle, leur charité. » Il constate le bien qu'a produit le collège belge qui « depuis quarante ans et plus a donné des fruits dignes d'admiration et fait espérer qu'il en donnera sans cesse de semblables. On sait en effet qu'il en est sorti

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