‹ Le pape Léon XIIIChapitre 61 sur 248 · CHAPITRE TROISIÈME. IH · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. IH

ses collègues, il se décida à voter contre Tînterventîon de la Chambre : mais quand on arriva au vote sur l'ensemble de la loi, il a, avec ces mêmes collègues, admis le projet de la section centrale où cette intervention des Chambres est hautement proclamée. Je suis persuadé que, quand M. Nothomb me verra, il alléguera la manière dont il a agi pour justifier ce qu'il m'avait dit, à savoir qu'il aurait mis tout en œuvre pour qu'en sauvant les apparences, son projet ne fût pas adopté. En tous cas, ces tergiversations, conséquences naturelles d'un premier faux pas, ont nui considérablement à son projet, et lattitude extérieure prise devant les Chambres n'a satisfait ni les catholiques ni les libéraux. Mais autant la conduite du ministère a été incertaine et vacillante, à cause de la fausse opinion qu'il avait embrassée, autant a été belle et digne des plus grands éloges la conduite des députés catholiques, qui, étroitement unis entre eux, ont montré jusqu'à la fin de l'énergie et du courage. »

Comme on le voit, le nonce jugeait avec une rare perspicacité le jeu du ministère et ses conséquences. M. Nothomb subit dans cette occurrence la peine de l'erreur qu'il avait commise en se séparant des catholiques. Ne pouvant et ne voulant pas se tourner entièrement vers la gauche dont le séparait toute sa politique, il prit vis-à-vis d'elle une attitude qui manquait de netteté et qui, en dernière analyse, affaiblit sa situation au lieu de la consolider, car la droite se désaffectionna d'un ministère qui se prononçait ouvertement contre elle, tout en favorisant sous main sa manière de voir en la matière.

Pour juger équitablement le rôle du cabinet Nothomb en cette circonstance, il faut se rendre compte des difficultés oîi il se trouvait. En butte aux attaques du parti libéral auquel le rattachait cependant sa couleur politique, mais où les éléments exagérés tendaient à prendre de plus en plus le dessus ; soutenu, mais avec une certaine faiblesse, par le parti catholique qui appréciait sa modération et se trouvait d'ailleurs hors d'état, à cette époque.

de gouverner par lui-même ; ce n'était donc que par un prodige d'équilibre que M. Nothomb arrivait à se maintenir au pouvoir. Dans la circonstance qui nous occupe, il avait voulu donner des gages au parti libéral sans compromettre, lui semblait-il, les inté-

M. J-B. Nothomb.

rets du parti catholique,et sa manière de voir en cela était partagée par Mgr Fornari, Les évêques, Mgr Pecci et les catholiques, meilleurs juges des intérêts véritables de la religion en Belgique à ce moment, se prononcèrent dans un sens opposé. Pour ne pas

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