‹ Le pape Léon XIIIChapitre 63 sur 248 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Quoiqu'il en soit, il est assez naturel que M. Nothomb contrarié par Mgr Pecci dans sa politique, en ait conçu quelque mauvaise humeur. C'est peut-être à l'incident que nous venons de rapporter qu'il faut attribuer pour une bonne part l'irritation à laquelle le baron de Haulleville '■ fait allusion en ces termes: « D'après cerïf «

tains renseignements, le mécontentement de J. B. Nothomb aurait été motivé par l'attitude observée par le nonce Pecci dans la question des instructions des évéques aux curés sur l'application de la loi de 1842. On sait que M. Nothomb aurait voulu « libéraliser > cette loi scolaire en l'interprétant dans le sens de la i. neutralité >.

Les évêques résistèrent avec raison à cette prétention contraire assurément à Tesprit de la transaction scolaire de 1842. Le nonce, sollicité par M. Nothomb, jurait refui^é de le suivre dans cette voie. A cette occasion il y aurait même eu à Laeken, en présence du roi, une discussion assez vive, d'où M. Nothomb serait sorti très vexé. » U Exposé, publié par le Ministère des Affaires Étrangères de Belgique, lors de la rupture des relations diplomatiques avec le Saint- Siège en 1879, dit aussi : € Le ministre de l'intérieur, M. Nothomb, se refusait à souscrire à l'interprétation donnée par les évêques, dans leur circulaire aux curés du 26 janvier 1843, à la loi sur l'instruction primaire ; tant qu'il garda le pouvoir, il persista dans ce refus. » De là le conflit auquel le nonce aurait pris part en faveur des évêques et contre M. Nothomb ^

Ces assertions semblent être en contradiction complète avec une lettre adressée par Mgr Fornari à Mgr Pecci, probablement à la suite d une communication de celui-ci et dont voici le principal

I. Les instructions des évêques aux curés, datées du 26 janvier 1843 prescrivaient au clergé de se faire le soutien de Pécole et du maître. Il devait engager les parents à confier à ceux-ci leurs enfants, annoncer les solennités scolaires et les rehausser de sa présence. Les curés étaient invités à faire de Icmgues et fréquentes visites aux écoles, à entretenir les meilleurs rapports avec les instituteurs, à travailler à ce que renseignement s'inspirât en toutes choses de l'esprit chrétien, et à ce que la physionomie même des classes revêtît un caractère religieux par la récitation de la prière et la présence du crucifix et d'autres emblèmes pieux. En s'opposant à ces instructions, M. Nothomb, quelles que fussent ses intentions, inclinait manifestement vers la neutralité scolaire.

Le règlement du 15 août 1846, accepté plus tard par le cabinet de Theux, exprimait ainsi les vœux des évêques et leur donnait une vigueur légale :

Art. I. — Les leçons de religion et de morale se donnent le matin, pendant la première demi-heure, et l'après-midi, pendant la dernière demi-heure de la classe.

Art. 2. — Les classes commencent et finissent par une prière faite en commun.

Art. 3. — L'éducation morale et religieuse sera entièrement prise à cœur : l'instituteur en fera l'objet de ses soins assidus ; il saisira avec zèle les occasions qui se présentent sans cesse, pour développer les principes de religion et de morale.

Art. 4. — Pour ces trois articles, l'instituteur catholique suivra la direction émanée des évêques, en vertu de l'article 6 de la loi.

Les prétentions de Tépiscopat n'avaient, comme on le voit, rien de bien exorbitant, et Mgr Pecci en les appuyant ne fit que défendre le caractère religieux de l'école contre des tendances qui devaient fatalement aboutir à la neutralité confessionelle. ^ '

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