CHAPITRE TROISIÈME
passage: « Je suis très satisfait de la conduite tenue par M. Nothomb dans l'exécution de la loi sur l'instruction primaire. Nothomb ne veut pas le mal et, si on sait le prendre, on pourra en tirer du bien. Peut-être que sa manière franche et loyale d'exécuter cette loi lui conciliera V estime et l'affection des évêques et du clergé^ et cela servira à le maintenir encore quelque temps. » Il y a sans doute lieu de distinguer entre la manière effective dont M. Nothomb exécuta la loi de 1842 et les théories qu41 émit à ce sujet. Toujours est-il que la lettre que nous venons de citer n*indique aucune tension de rapports entre le ministre et le nonce à propos de l'application de la loi de 1842, car il est probable, pour ne pas dire certain, que lappréciatîon de Mgr Fornari répond à celle que Mgr Pecci avait émise sur l'action de M. Nothomb dans la mise à e;xécution de cette loi. Néanmoins nous sommes loin de nier que M. Nothomb « se refusât, comme le dit \ Exposé, à souscrire à l'interprétation donnée par les évêques à la loi sur l'enseignement primaire. > Nous ne nierons pas non plus que le nonce ait pu être invité par M. Nothomb à s'opposer à la manière de voir des évêques, et qu'il ait refusé de le suivre dans cette voie ; mais la lettre de Mgr Fornari nous paraît prouver que cette divergence de vues n'amena aucun refroidissement entre le ministre et le nonce. Quant à la <: discussion assez vive » qui, d'après M. de Haulleville, aurait eu lieu, en présence du roi, et d'où M. Nothomb serait sorti très vexé, elle a dû porter plutôt sur la question de principe que sur l'application elle-même de la loi. En d'autres termes il nous paraît résulter de la lettre de Mgr Fornari, mise en regard des faits rapportés par \ Exposé tl par M. de Haulleville, que M. Nothomb voulait correspondre dans la pratique aux desiderata des évêques, sans leur reconnaître une valeur légale.
Parmi les incidents qui attirèrent, pendant sonséjour en Belgique, l'attention de Mgr Pecci, nous ne devons pas oublier le schisme du
prêtre allemand Ronge. Sans entrer dans le détail des erreurs de cet apostat, prédécesseur des vieux-catholiques, rappelons qu'après avoir, par une lettre adressée à l'évêque de Trêves, levé l'étendard de la révolte contre l'Église catholique et formé une secte en Allemagne, il chercha à implanter celle-ci jusqu'en Belgique. Mais les tentatives de l'apostat n'eurent aucun résultat, grâce à l'action du
nonce, secondée par celle des évêques de Liège et de Namur, dont les diocèses semblaient plus spécialement menacés. De son côté, le nonce de Bavière, Mgr Viale-Prelâ, ne déploya pas moins d'activité pour étouffer l'incendie naissant, et ainsi avorta dans son germe ce schisme dangereux.
Nous avons trouvé dans les archives de Carpineto une intéres-