‹ Le pape Léon XIIIChapitre 65 sur 248 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

santé note touchant l'affaire Ronge ^ Elle est écrite de la main d'un des secrétaires du roi Léopold I«^ et reflète à n'en pas douter les idées de ce dernier. Cette note nous montre le roi des Belges animé d'un vif désir de voir prospérer la religion catholique : à ce titre, elle oflire un vif intérêt, et contredit les insinuations d'O' Reilly, reproduites par l'abbé Barbier, touchant les dispositions peu favorables de Léopold I^' à l'égard des catholiques. Voici le texte de cette note :

Il semble se manifester, d'après les dernières nouvelles, un revirement dans les disi>ositions du cabinet de Berlin à Tégard des catholiques et de la nouvelle secte soi-disant allemande-catholique.

La publication des ordonnances favorables à cette dernière a été suspendue, et le gouvernement se montre plus froid et plus réservé envers les adhérents de Ronge et Cerski.

On donne pour motif à ce changement de conduite:

i^ Les vives représentations qui auraient été faites par TAutriche et la Bavière. 2^ Les défections que le mouvement entraîne dans le sein du protestantisme même. 3^ Les tendances excessivement radicales et destructives de toute religion positive annoncées par quelques-uns des principaux chefs de la nouvelle secte.

Mais le revirement, qui s'est opéré à Berlin, s'annonce par un fait plus extraordinaire, un fait dont tous les catholiques sincères doivent se réjouir et qui est d'une immense portée.

Ce qui fait presque partout la faiblesse des catholiques et paralyse leurs efforts pour le bien, c'est qu'ils restent isolés, c'est que, soit par apathie, soit par impuissance, là où le gouvernement leur est hostile, ils ne forment point d'associations pour combattre d'un commun accord l'ennemi de leur foi.

Les catholiques des provinces rhénanes ont plus particulièrement senti, depuis l'apparition de la nouvelle secte, la nécessité de se serrer autour d'un centre commun. Ils ont donc formé, avec l'approbation et sous le patronage de Mgr l'archevêque de Cologne, de l'évêque de Munster, de l'évêque de Trêves et de l'évêque de Paderborn, une société sous l'invocation de saint Charles Borromée. Les statuts de cette société, qui accompagnent en original la note ci-jointe, ont reçu (mirabile dictu I) sous la date du 22 mars, l'approbation du gouvernement.

I. Cette note est contenue dans une farde portant de la main du nonce Pecci Ten-tête suivant : Carteggio coi nutUsiri deî Re ed altri ministri.

L'esprit de la société sera donc catholique et son action sera publique et conforme aux lois du pays.

La société se propose de combattre, par la publication et la propagation de bons livres, la pernicieuse influence exercée dans toutes les classes de la société par la mauvaise littérature (suit V analyse des statuts). On apprend qu'aussitôt après leur publication il s'est manifesté un très grand empressement à s'affilier à l'association. On apprend aussi que les contributions en argent sont déjà très considérables.

Il résulte de cette note que Léopold I^** désiraijt vivement voir les catholiques s'organiser avec solidité. En homme d'État avisé, il se rendait compte de l'immense puissance conservatrice du catholicisme.

La Belgique, à cette époque, servait d'asile aux réfugiés politiques et autres qui y affluaient de toutes parts. La diplomatie européenne n'était pas sans appréhension aii sujet de cette hospitalité quelque peu exagérée, dont la trop accueillante Belgique semblait se faire gloire. Au moment où le célèbre conspirateur Mazzînîjde sa résidence de Londres, tenait les puissances sur le qui- vive, le bruit courut un jour que celui-ci s'était soudainement transporté à Bruxelles et le nonce de Paris demanda à son collègue de Belgique de prendre des renseignements à ce propos auprès de l'administration de la sûreté publique belge. Mgr Pecci lui ayant donné l'assurance que ce bruit était erroné, Mgr Fornari répondit en ces termes : « Je vous remercie de tout cœur de ce que vous me dites à propos de Mazzini et je suis persuadé que la nouvelle de son arrivée à Bruxelles est fausse, quoiqu'elle aft été communiquée non seulement à moi, mais aussi à MM. les ambassadeurs d'Autriche, de Sardaigne et de Naples par M. Guizot, ministre des Affaires Étrangères. Le canal par lequel nous avions reçu cette nouvelle nous a alarmé, et a été la cause de l'ennui que nous avons causé à l'excellent chevalier Hody ^ Celui-ci a eu la bonté de m'écrire et il me dit ce que vous m'aviez déjà mandé. Je vous prie

de le remercier infiniment de ma part et de lui demander, s'il arrive

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