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chapitre: troisième

et des divisions que prévoyait Mgr Fornari. C'est ainsi que le nonce de Bruxelles se montra par le fait € l'homme de haute science, de très grande énergie et d'une extrême force de caractère » que réclamait Mgr Fornari pour mener cette affaire à bien. Elle fut conduite avec autant de douceur et de prudence que d'énergie, et nul ne se plaignit.

Nous ne pouvons passer ici sous silence un grave et pénible

Abbay« de Tongerloo, visitée par Mgr Peccl.

incident qui s'éleva en 1845 entre l'Université de Louvain et les Pères Jésuites, incident qui fut apaisé grâce à l'intervention de Mgr Pecci, et qui n'offre plus qu'un intérêt rétrospectif, aucune raison de dissentiment n'existant désormais entre des institutions également méritantes, également dévouées à l'Église.

Après le vote delà loi de 1844 sur les jurys d'examen, les Pères Jésuites résolurent de mettre le cours de philosophie qu'ils avaient

fondé au collège de la Paix à Namur, en harmonie avec les programmes du gouvernement, afin de permettre aux jeunes gens, qui fréquentaient ce cours de recevoir les grades académiques. Cette mesure était désirée par un grand nombre de familles chrétiennes, qui redoutaient de lancer leurs enfants, au sortir des humanités, dans le milieu toujours un peu agité et indépendant d'une Université. On alléguait aussi la crainte des doctrines de Lamennais et du traditionalisme, dont on disait la philosophie de Louvain imprégnée. Du côté de l'Université, on objectait que l'érection d'une faculté philosophique rivale, outre qu'elle semblait basée sur des motifs peu * honorables pour l'Université, lui causait encore un dommage réel, en lui enlevant une bonne partie des élèves sur lesquels elle semblait être en droit de compter, surtout à une époque où l'Université, encore jeune, avait besoin pour vivre du soutien effectif de tous les catholiques. Tous les professeurs de Louvain et la majeure partie des évéques, fondateurs de l'Université, prirent fait et cause pour cette dernière. Par contre certains personnages, plus ou moins écoutés à Rome à des titres divers, se donnèrent de teur propre chef beaucoup de mouvement en faveur du cours de Namur. L'opposition des évêques était représentée par eux comme inspirée uniquement par le recteur de l'Université, Mgr de Ram, au profit des théories traditionalistes qui lui étaient chères.

Comme il est d'usage en ces sortes de questions, les esprits s'échauffèrent et une division profonde menaçait de s'établir entre les catholiques lorsque le nonce intervint. Il obtint une sorte de trêve, et persuada aux deux parties de s'en remettre au jugement du Saint-Siège. En conséquence, il déféra la cause au Souverain- Pontife, exposant avec précision et impartialité les raisons alléguées de part et d'autre. Grégoire XVI prit cette affaire fort à cœur, et conformément à l'avis du nonce, il ordonna que chaque évêque en particulier manifestât par écrit son jugement touchant les moyens qu'il jugerait les plus aptes à terminer la controverse.

GHAPITRK TROISIÈMK. 125

Les archives de Carpineto contiennent, dans le dossier signalé plus haut, une seconde note également écrite de la main d*un des secrétaires royaux, et se rapportant à ce conflit. Si, comme tout l'indique, cette note exprime la pensée du roi, il faut y voir une preuve frappante de l'intérêt qu'il prenait au maintien de la bonne entente entre les catholiques.

Un ami du collège de la Paix avait rédigé un mémoire où étaient allégués les motifs les plus propres à justifier rétablissement d'un cours de philosophie à Namur. C'est à ce mémoire que se rapporte la note dont le texte suit :

Le mémoire est très bien fait, mais il ne me parait pas rencontrer suffisamment l'objection principale de Louvain, telle que je crois l'avoir comprise.

Louvain soutient que cette annonce solennelle de cours, destinés à préparer les jeunes gens pour Fexamen devant le jury, jointe au bas prix auquel les études se donnent à Namur, aura infailliblement pour effet de faire donner au collège de la Paix la préférence sur l'Université.

La faculté de philosophie, affaiblie peu à peu par la perte de ses élèves, vena s'en aller aussi les professeurs distingués qui la composent. Les professeurs, en effet, subiront, par la perte des minervalia^ une diminution de revenu tellement notable, qu'ils seront forcés de se créer une position ailleurs. Les ressources de l'Université ne sont pas de nature à lui permettre de compenser la diminution de revenu que l'on prévoit.

Atteinte dans la faculté qui doit surtout contribuer à son renom, l'Université périclitera tout entière, et il lui deviendra impossible de soutenir contre les établissements rivaux de Liège, de Gand et de Bruxelles, cette concurrence si éminemment profitable à l'opinion catholique.

Je voudrais que le mémoire fût relu attentivement, dans une disposition d'esprit qui permît au lecteur de se mettre au point de vue de Son Éminence * et de son conseil II me fait un peu trop l'effet d'un plaidoyer, en réponse à un acte d'accusation formel et public. Je crains que sa forme, un peu incisive, un peu trop incisive même dans certains passages, ne produise l'effet contraire de celui que l'on doit avoir en vue. Au reste ce qui atténuerait peut-être cet effet défavorable, ce serait la visite que se propose de faire à Malines le médiateur dont j'ai entendu parler '. Quelques paroles bien placées feraient comprendre que le mémoire n'est point un

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