‹ Le pape Léon XIIIChapitre 78 sur 248 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

pontife fit entendre pour la première fois à ses ouailles sa voix de pasteur et de docteur, cette voix qui plus tard devait suffire au monde entier, os orèi sufficiens, mais qui alors était réservée aux seuls Pérugins et allait pendant un tiers de siècle leur être exclusivement consacrée.

Peu de temps après sa prise de possession, Mgr Peccî adressa au

clergé et au peuple de Pérouse une instruction pastorale qui montre comment le nouvel évêque entendait son devoir. II y rappelle les heureux souvenirs de sa délégation, et se réjouit de l'affection que lui témoignent toutes les classes de la population, puis il ajoute : € Notre joie néanmoins n'est pas exempte de crainte, car une charge bien différente de celle que nous avons remplie jadis nous est maintenant conférée, la charge épiscopale,

L* Pape Ltoi XIII. lo

qui serait redoutable aux épaules des anges eux-mêmes. Dans notre faiblesse, nous nous mettons devant les yeux la grande sollicitude que nous aurons à déployer, la diligence avec laquelle nous devrons veiller à ce que cette portion choisie de la vigne du Seigneur n ait à souffrir aucun détriment, et à ce qu au milieu des incertitudes et des difficultés des temps présents, nos brebis ne soient pas détournées du chemin de la vertu par l'exemple et les embûches de quelques hommes imprudents. > Le pasteur met sa confiance en Dieu et fait appel à la coopération zélée des divers ordres de son clergé ; puis s*adressant aux séminaristes : « Nous promettons, dit-il, d'avoir un soin particulier de votre éducation. Nous visiterons fréquemment le séminaire, nous demanderons souvent compte de vos études et de votre conduite, et nous n'omettrons rien de ce qui pourra contribuer à la prospérité de cette très sage et très utile institution. > — Mgr Pecci exécuta de point en point ces résolutions si pleines du véritable esprit épiscopal. Dans les différentes positions qu'il avait occupées jusque-là, et surtout pendant sa nonciature en Belgique, Mgr Pecci s'était parfaitement rendu compte de la situation que les temps modernes font à l'Église. Il avait vu les nations frémissantes, agitées par un esprit de dangereuse liberté et séduites par les promesses d'une science qui, enivrée de ses triomphes, veut à l'exemple du serpent del'Éden persuadera l'homme qu'il est Dieu, et lui faire trouver dans sa seule raison la règle morale de ses actions. Tout en déploranfces tendances, Tévêque de Pérouse comprit que le moyen le plus efficace de s'y opposer était de former un clergé qui, par ses lumières et ses vertus, fût à la hauteur de toutes les nécessités des temps nouveaux, et capable de défendre, sur tous les terrains où elles sont attaquées, les vérités immortelles dont l'Église catholique a le dépôt. Aussi voyons-nous Mgr Pecci s'appliquer à faire du séminaire de Pérouse un foyer de science, non moins qu'une pépinière d'ecclésiastiques vertueux. Pendant tout le cours de son

Page 1