CHAPITRE QUATRIÈME
du Saint-Père, des intérêts religieux de leurs diocèses respectifs, surtout au point de rue que nous venons d'indiquer, et, par une décision unanime, ils confièrent^ Mgr Pecci la charge de rédiger les actes
Pie IX.
de cette espèce de concile provincial. Rentré dans son diocèse, l'évêque de Pérouse s'occupa de ce travail délicat. Les actes de la réunion épiscopale de Spolète ont une portée considérable et
mériteraient une analyse complète. Nous ne pouvons que signaler la sollicitude des Pères de Spolète pour la diffusion de la presse catholique en général et en particulier pour rétablissement de journaux locaux. Ils insistent aussi pour que le gouvernement pontifical prenne des mesures énergiques, afin de s'opposer àj'inondation des écrits immoraux et irréligieux provenant des autres parties de r Italie. Avec un sens parfait des causes du mal révolutionnaire, ils demandent l'observation des anciennes lois canoniques touchant les rapports des chrétiens avec les juifs. Ils passent en revue tous les intérêts religieux du clergé et du peuple, insistent sur les devoirs des évêques eux-mêmes, et exposent les mesures à prendre pour l'organisation de l'instruction primaire, secondaire et supérieure. Ils appellent l'attention sur la nécessité pour les ecclésiastiques d'être instruits dans les sciences profanes. «Qui ignore en effet, disent les actes, que les incrédules ne se bornent pas à corrompre la Bible, mais abusent sans cesse, pour la perte de plusieurs, de la physiologie, de la chimie, de la géologie, de la diplomatique, de la chronologie et des autres sciences naturelles. » Bref l'ensemble de ces actes, rédigés sous un gouvernement qui maintenait dans la mesure du possible les institutions chrétiennes dans la société, témoigne à la fois de l'esprit sage et éclairé de ses auteurs. Tout en insistant fortement sur le maintien des lois qui protégeaient la religion, et en priant le gouvernement pontifical de veiller à leur stricte exécution, les Pères de Spolète se montrent très préoccupés des besoins des temps nouveaux en matière de presse, d'instruction, de réforme ecclésiastique,etc. On reconnaît là évidemment l'esprit de Mgr Pecci et l'on se rend compte de la part importante qui lui revient dafts les décisions si opportunes de l'épiscopat de l'Ombrie.
Mais l'heure des ténèbres allait bientôt sonner. La guerre d'Italie, entreprise et terminée dans les premiers mois de 1859, fut le signal de l'assaut donné au pouvoir temporel. Après Xftosannah, le cruci" fige ; après le voyage triomphal des Romagnes, l'invasion de ces