‹ Le pape Léon XIIIChapitre 97 sur 248 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

dente du mauvais vouloir du gouvernement, qui aurait pu tout : facilement arrêter dès le début ces manifestations séditieuses.

Il était écrit que le jour du couronnement de Léon XIII dév rait aux yeux du monde entier l'hypocrisie de cette Italie lé dont la diplomatie se répandait auprès des cours étrangères en testations de respect pour la liberté du Saint-Siège, en même tt qu'elle feignait d'espérer une conciliation avec le Pontife nouv

Cependant quelque dépit qu'aient éprouvé les politiciens de la votution en présence des manifestationsdu vrai peuple romain, la h n'aveuglait pas tous les ennemis du Saint-Siège au point de leur méconnaître les mérites du Pape nouvellement élu. II est intéres de mettre en regard des violences de la secte et de la cond mesquine du gouvernement italien, les jugements portés Léon XIII par des hommes d'État et des publicistes libéi d'Italie, soit avant, soit après son élection au suprême pontitîc Citons en premier lieu une appréciation de cet Urbain Rati que M. Thiers appelait l'esprit le plus clairvoyant de rEurop< qui fut l'un des principaux artisans de l'unité italienne. Voici c ment il s'exprime à propos du cardinal Pecci, dans une le donnée par la libérale Gazzetta d'Iialia : « Ce Pecci est un hor d'une valeur indiscutable, d'une grande force de volonté et d rare sévérité dans l'exercice de ses fonctions : avec cela il posi les formes les plus agréables du monde. Pendant son séjour à névent il -a montré de grandes capacités, en même temps qi caractère décidé et inflexible. A diverses reprises j'ai parlé dt avec le roi Léopold, qui a un coup d'œil comme n'en possède au autre roi de l'Europe, et qui l'a autant étudié qu'apprécié quan était nonce en Belgique. Nous parlâmes de sa grande prudence son incorruptibilité et de sa dignité, qui inspire aux fonctionna de notre gouvernement une crainte insurmontable de sa persor I. Voyei Mgr de Waal, Ouvrag. cité.

198 L£ PAPK LÉON XIII.

Son dévouement au Saint-Siège est sans limites, ses principes sont très énergiques ; sa fermeté inflexible, presque obstinée, ne laisse pas même s'élever le soupçon d'une faiblesse. On ne peut s empêcher de reconnaître qu*il est un de ces prêtres qu'on doit estimer et admirer, un homme de grande clairvoyance politique et de science plus grande encore. » On aime à recueillir sous la plume d'un adversaire un pareil éloge que pourrait signer l'admirateur le plus enthousiaste de Léon XII I.

Voici maintenant une appréciation de M. Bonghi, ancien ministre et député au parlement italien, extraite de son opuscule Pio IX e il Papa futuro : « Le cardinal Pecci, est indubitablement un des esprits les plus éminents du Sacré-Collège. Son caractère est d'une modération et d'une énergie que n'atteint peut-être aucun de ses collègues. Il a brillé dans ses études, a rempli excellemment ses fonctions, et a été un évêque hors ligne. L'idéal d'un cardinal est certes bien sublime : on peut dire de Pecci qu'il en a fait en luimême une réalité. »

\J Italie, journal officieux de la diplomatie italienne, s'exprimait ainsi après l'élection de Léon XIII : « On doit reconnaître que la tiare est aujourd'hui une lourde charge et que la mission du nouveau Pape n'est pas facile. Léon XII I est, au jugement de tous, un homme d'une volonté ferme, d'une piété éclairée, aussi estimable qu'estimé pour son caractère et sa vertu. »

Terminons par quelques lignes de XAvvenire cPItalia^ cette série de témoignages qu'on pourrait aisément multiplier : « Ce n'est pas seulement comme camerlingue de la sainte Église romaine que le cardinal Pecci est un des hommes les plus en vue du Sacré-Collège, mais encore à cause de son caractère, de son énergie, de son intelligence, de ses éminentes vertus et des services considérables qu'il a rendus à l'Église. Joignant dans une juste mesure la douceur d'un apôtre à la sévérité d'un administrateur, il inspire également la crainte et l'amour. Maigre comme un anachorète, il est d'une taille

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