‹ Le pape Léon XIIIChapitre 98 sur 248 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

élevée. Sa tête est très belle, ses traits sont fermes et accentués, voire même un peu anguleux. Quand il parle, sa voix est sonore et agréable. Simple, aimable, spirituel dans le commerce privé, il devient plein de sérieux, de dignité et de majesté quand il célèbre sous la pourpre ou les ornements épiscopaux des offices publics : c'est là qu on voit combien il est profondément pénétré de la grandeur et de la dignité de sa fonction. »

Des citations qu on vient de lire il résulte que la figure de Léon XIII, sa personnalité intellectuelle et morale s'imposait aux adversaires du Saint-Siège eux-mêmes. Amis et ennemis, fidèles et incrédules, avaient donc les yeux fixés sur le nouveau Pape, et en attendaient quelque chose de grand, de particulier, de personnel. Les catholiques étaient pleins de soumission et de confiance, persuadés que le Chef invisible de TÉglise assiste sans cesse son Vicaire dans la direction qu'il imprime à la barque de Pierre. Quant aux incrédules et aux ennemis, plusieurs s'imaginaient, avec plus d'ignorance encore que de malice, voir bientôt le nouveau Pontife concilier des choses inconciliables et réaliser l'alliance impossible de la lumière et des ténèbres, du Christ et de Bélial. Ces espérances absurdes ne s'étaient-elles pas éveillées de même au début du règne de Pie IX, et n'avait-on pas vu le nom de ce grand Pape servir pendant quelque temps de cri de ralliement à la Révolution italienne et cosmopolite ? Sans doute les chefs de la secte ne sont pas dupes de ces sortes d'espérances ; pas plus que de Pie IX, ils n'espéraient de Léon XIII une conciliation monstrueuse ; la science du nouveau Pape et sa fermeté leur faisaient au contraire redouter de nouvelles défaites et haïr en lui un formidable adversaire. Toutefois ils entretenaient à dessein ces fallacieuses espérances, dans l'intention de séduire les simples, d'attirer à eux les catholiques trop portés à la conciliation et de désaffectionner de Léon XIII ceux dont le caractère incline davantage vers la lutte et le combat. Quelques succès partiels, il faut le reconnaître, couronnèrent cette tactique insidieuse.

Cependant les débuts du pontificat de Léon XI 1 1 furent tels qu'il durent éclairer tous les hommes de bonne volonté, et si quelques catholiques subirent en sens divers l'influence plus ou moins directe de la tactique sectaire, il n'est pas moins vrai de dire que l'impulsion donnée [tar le Pontife fut suivie avec une fidélité de plus en plus grande par les vrais enfants de l'Église. C'est ce que montrera la suite de cette biographie.

patifttt Siximt.

Bétablissement de la hiérarchie ca,thollque en Ecosse.— Le cardinal Franchi, secrétaire d'Etat. — Premier consistoire. — Trois lettres de Léon XIII. — Première encyclique (Inscrufabili). — Léon XIII, l'Italie et Rome. — L'Université Grégorienne. — Pèlerinage Espagnol. — Le denier de Saint-Pierre. — Lettre au cardinal Nina, nouveau secrétaire d'État.

^A tiare était à peine posée sur la tête de Léon XI 1 1 ' que déjà commençaient pour lut les innombrables '■ soucis du pontificat.

Le 4 mars, quinze jours après son élection, il ré- : tablit par une bulle la hiérarchie catholique en Ecosse. Cette mesure avait été préparée sous le règne de Pie IX et n'attendait que son exécution. Léon XIII fut heureux d' associer son nom à celui de son illustre prédécesseur en achevant ainsi la grande œuvre de la reconstitution de l'Ëglise dans la Royaume- Uni. La bulle racontait l'histoire si intéressante de la religion catholique en Ecosse, les progrès qu'elle y a faits dans ces derniers temps, et la constance de plusieurs anciens dans ou tribus de montagnards écossais, demeurés fidèles au catholicisme malgré la persécution. Finalement le Pape se louait de la liberté laissée en Angleterre à la vraie religion et manifestait l'espoir de voir l'Église d'Ecosse recouvrer son ancienne splendeur, grâce au rétablissement des sièges épiscopaux.

Dans un autre ordre d'idées, Léon XIII dut s'occuper delà nomination de son secrétaire d'État. Le 5 mars, il appelle à cette haute charge le cardinal Franchi qui, après avoir rempli diverses fonctions, notamment la nonciature d'Espagne, était depuis plusieurs

aoa LE PAPE LÉON XIII.

années, préfet de la Propagande. Ne mentionnons que pour mémoire le bruit absurde, démenti à plusieurs reprises par VOsservaa «

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Le cardinal Franchi.

tore romano, que l'arrivée dû cardinal Franchi à la secrétairerie d'État amènerait un rapprochement entre le Saint-Siè^e et le nouvel ordre de choses établi en Italie.

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