CHAPITRE XVIII
tt Persuadé qu'il est Celui u qui a choisi ce qu'il y a de plus faible dans le inonde pour confondre la puissance», Nous ayons la certitude qu'il soutiendra Notre faiblesse et élèvera Notre humilité pour montrer sa puissance et pour faire éclater sa force.
a Nous remercions de tout cœur Votre Éminence des sentiments courtois et des souhaits sincères que vous Nous avez adressés au nom du sacré Collège et que Nous acceptons, en tous donnant avec effusion la bénédiction apostolique. »
Cette simplicité et en même temps cette élévation qui caractérisent la parole de Léon XIII se retrouvent dans son allocution aux délégués des Universités catholiques de France.
« Je suis, leur a dit Sa Sainteté, profondément ému des sentiments que vient de m'exprimer en votre nom l'excellent prélat (Mgr Sauvé, recteur de l'Université catholique d'Angers) dont je connais depuis longtemps le mérite et les vertus.' Les Universités catholiques que vous représentez sont pour l'Église une consolation et une espérance. Comment ne pas admirer la générosité des catholiques français qui ont pu, en si peu de temps, fonder des œuvres si merveilleuses? L'Université de Lille se distingue entre toutes par la rapidité avec laquelle ont été recueillies les fortes sommes nécessaires à l'organisation de ses cinq facultés. Celles d'Angers, de Paris, de Lyon, de Toulouse marchent sur la même voie et promettent des résultats également heureux.
« C'est ainsi que la France, nonobstant ses malheurs, teste toujours digne d'elle-même et prouve qu'elle n'a point oublié sa vocation. Nul n'a autant de motifs que le
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▼icaire de Jésas-Ghrist pour prendre en pitié les douleurs de la France, car le Saint-Siège a toujours trouvé en elle un de ses plus solides appuis.
a Elle a perdu aujourd'hui une partie de sa puissance; afTaiblie par la scission des partis, elle ne peut donner un libre essor à ses nobles instincts. Et cependant que n'a-t-elle pas fait pour le Saint-Siège, même après ses désastres ! Elle lui avait déjà donné les rejetons de ses plus illustres familles, la petite armée du Pape étant com^ posée en grande partie de fils de la France. Depuis que ceux-ci ne peuvent plus servir par Tépée la cause de la papauté, la France a témoigné de mille autres manières son attachement au Saint-Siège. Les offrandes de la France ont toujours formé une partie considérable du Denier de Saint-Pierre,
« Tant de générosité ne peut rester sans récompense. Dieu bénira une nation capable d'aussi nobles sacrifices, et rhistoire aura encore de belles pages sur les Ge$ta Dei per Francos,
a Nous trouvons un gage de cet heureux avenir dans les Universités que vous représentez en ce moment devant moi. Ce sera par elles que les saines doctrines, premiers éléments de la prospérité sociale^ se répandront dans les intelligences. Les professeurs choisis par Tépi-^ scopat, unissant la pureté de la foi à la profondeur de la science, formeront des générations de chrétiens capables de défendre et d'honorer leurs croyances. Les familles ne tarderont pas à reconnaître la supériorité de ces enseignements, et les Universités catholiques, bien que dépendant de la charité des fidèles, pourront soutenir avantageusement la concurrence avec d'autres établisse-