CHAPITRE XXIII
papauté et là nécessaire indépendance do souverain Pontife ; les esprits les plus favorables au gouvernement italien ne peuvent pas trouver de solution à cette diffi* culte.
Pour Taplanir, il n'y a qu'un seul moyen : la réparation. Un vote de la Chambre, qui restituerait Rome au Pape en y maintenant une garnison italienne, assurerait à la papauté l'indépendance qui lui est nécessaire et conserverait en même temps la royauté italienne.
En attendant ce jour, que Tavénement probable des catholiques italiens au pouvoir rend plus prochain peut* être qu'on ne pense, les deux puissances, qui se trouvent en présence à Rome, pourront éviter réciproquement tout acte de nature à aggraver la situation et à rendre le confUt violent et pénible pour les âmes.
On croit généralement que le pape Léon XIII tiendra à l'égard du Quirinal la même conduite qui a été tenue par le cardinal Pecci à l'égard des autorités italiennes de Pérouse : pas d'agression inutile, mais des protestations énergiques contre tout attentat à la religion et à la piété de son peuple. Le document suivant ne permet pas le moindre doute à ce sujet.
Lettre de S, S, le pape Léon XUI au cardinal Monaco La Vaîletta,. vicaire général de Home,
Monsieur le cardinal,
Âu milieu des nombreux motifs de joie et de consola-* tion que Nous avons eus, dès le commencement de Notre pontificat; parmi les témoignages non équivoques
de respect et d'afiection qui Nous sont parvenus de toutes les parties du monde, il ne Nous a pas manqué, d'autre part, de graves amertumes : Nous voyons TÉglise assujettie presque partout à une dure persécution, et des faits inouïs se produire dans cette même ville de Rome, centre du catholicisme et siège auguste du Vicaire du Christ. Ici Ton voit une presse sans frein et des journaux constamment occupés à combattre la foi par le sophisme et le mépris, à attaquer les droits sacrés de FËglise, à amoindrir son autorité; ici Ton voit des temples protestants élevés avec For des sociétés bibliques, jusque dans les rues les plus populeuses, presque à titre d'outrage; ici Ton voit encore des asiles et des hospices ouverts à la jeunesse inexpérimentée, dans le dessein philanthropique, en apparence, de Taider à obtenir la culture de l'esprit et de pourvoir à ses besoins, mais en réalité dans le but d'en former une génération ennemie de la religion et de l'Église du Christ. Et, comme si tout cela était peu de chose, il a été décidé de bannir le catéchisme catholique des écoles municipales, et cette décision est l'œuvre de ceux qui sont tenus, par le devoir de leur charge, à promouvoir les vrais intérêts de la population romaine. Mesure assurément répréhensible qui vient enlever aussi cette digue à l'hérésie et à l'incrédulité envahissante, et qui laisse la voie ouverte à un nouveau genre d'invasion étrangère, d'autant plus funeste et dangereux qu'il tend plus directement à ravir du cœur des Romains le précieux trésor de la foi et des fruits qui en dérivent Le nouvel attentat à la religion et à la piété de Notre peuple Nous remplit Fftme d'une vive et poignante douleur, et il Nous oblige à vous