‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 13 sur 152 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Belgique se rappellent aujourd'hui avec fierté la visite qu'il leur fit pendant son séjour dans ce pays.

Le jeudi 27 juillet 1843, il y avait des promotions en théologie et en droit canon à l'université catholique de Louvain; Mgr Pecci y assista avec Févèque de Nancy.

Après les épreuves, M. Loiseau, promu au grade de licencié en droit, et un prêtre du diocèse de Namur, M. Delogne, aujourd'hui vicaire général, ainsi que deux religieux français de la congrégation du Sacré-Cœur, MM. Pages et Bourges, furent promus au grade de ba^ chelier.

Les examens terminés, Mgr le nonce fut conduit dans les salles de la bibliothèque. Un élève de la Faculté de droit, M. Gapelle, maintenant juge au tribunal de Namur, lui adressa, au nom de ses condisciples, un discours où il lui rappelait délicatement ses titres à la sympathie et à la vénération des Belges. Mgr Pecci, sensible à cet hommage, répondit :

a Je suis heureux d'être témoin des succès d'un éta- « blissement qui doit surtout son existence au vénérable « clergé belge, dont nous voyons ici l'illustre chef ; cet « établissement est aussi l'œuvre de son digne recteur « et du corps professoral; il est l'œuvre de tous les « catholiques belges... Oui, les souvenirs de l'ancienne « université de Louvain vivent encore, et vous êtes « appelés, messieurs, à les éterniser par vos travaux... « Déjà vous marchez sur les traces de vos devanciers, « déjà vous montrez ce que l'Église et la patrie peuvent a attendre de vous... Persévérez dans cette voie, et « vos succès seront grands... Pour moi, je m'applaudis « de voir cette brillante jeunesse, animée d'aussi beaux

« sentiments, et je ne puis douter qu'elle ne soit des- « tinée à faire un jour le bonheur de la Belgique... »

Dans l'après-midi, visitant en détail les collèges de Funiversité, Mgr Pecci manifesta à plusieurs reprises toute la satisfaction que lui inspirait la prospérité toujours croissante de cette grande institution catholique.

Il se plaisait à stimuler et à unir les développements de l'industrie non moins que les progrès de la science. La même année 1843, on inaugurait à Namur le chemin de fer qui relie cette ville à Bruxelles par Charleroi. Léopold l^, qui vint présider la cérémonie, était accompagné de Mgr Pecci.

Deux fois il est allé à Bruges; le 6 mai 1841, il y assista à la procession du Saint-Sang avec M. Delebecque, évèque de Gand. La santé du nonce était bien faible; après avoir fait partie du cortège jusqu'à la rue Traversière, il fut contraint de se reposer quelques instants; il reprit sa place à la rue Neuve et alla jusqu'au Bourg, où il donna la bénédiction avec la relique da précieux Sang. C'est dans cette circonstance qu'il est devenu membre de la noble confrérie du Saint-Sang, sur les tableaux de laquelle figure toujours le nom du cardinal Pecci , avec la date de son inscription : 7 mai 1844.

Le soin minutieux que met la Patrie de Bruges à rappeler tous ces détails montre à quel point le souvenir de Mgr Pecci est resté cher et précieux à la nation belge.

C'est ainsi que l'envoyé de Grégoire XVI allait partout porter des encouragements et des conseils au nom du Saint-Siège qu'il représentait si dignement en attendant qu'il le personnifiât. « On aurait dit qu'il voulait profiter

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