‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 14 sur 152 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de son séjour dans une contrée très- éloignée et trèsdifférente de ritalie, au point de vue du caractère, des mœurs et des traditions nationales, quoique non moins attachée à la foi catholique , pour étudier dans l'unité de croyance et de sentiments la diversité des aspects. C'est dans le même esprit, sans doute, qu'il -voyagea en Hollande et sur les bords du Rhin.

a Nous ne pouvons nous empêcher de remarquer dans ces incidents de la carrière du futur souverann pontife des intentions de la divine Providence. Dieu lui ouvrait dès lors de nouveaux horizons et lui ménageait les moyens d'allier à l'inflexibilité doctrinale ces sages tempéraments dans la pratique qui facilitent l'action et la grâce dans les âmes. Les âmes sont toutes dissemblables entre elles ; il y a , en outre , des dissemblances tenant à la race, à l'éducation, aux précédents historiques, au climat. C'est le propre du pasteur suprême de planer dans une sphère supérieure et de n'être, autant que l'infirmité humaine le permet, ni homme du Nord, ni Méridional, ni Italien, ni Français, ni Belge, mais d'être avant tout catholique et Père.

« Certes on ne pourrait, sans injustice , reprocher au Saint-Siège d'avoir obéi à des affinités de race, d'avoir eu des prédilections nationales. Toujours l'action souveraine de l'Esprit-Saint s'est opposée à des manifestations trop humaines qui auraient troublé la sainte impartialité du Vicaire de Jésus-Christ. Pie IX, le plus italien de tous les papes peut-être , Pie IX, qui avait un tel amour pour l'Italie qu'il lui pardonnait son ingratitude et ses révoltes. Pie IX, après avoir travaillé à la grandeur de la patrie italienne , s'est abstenu . au prix de son ancienne

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popularité, de tout ce qui aurait pu blesser les droits des autres nations. Il se serait réjoui, sans doute, dans les commencements de son règne, de voir FAutriche rendre Findépendance aux États italiens que. les événements historiques ayaient placés sous son sceptre, mais Une voulut jamais user à son égard , pour obtenir ce résultat, de menaces ou de violences, et il refusa constamment de lui déclarer la guerre. Les annales de FÉglise nous montrent les souverains pontifes occupés sans relâche à tenir la balance égale entre les nations.

« Léon XIII aura d'autant moins de peine à marcher sur les traces de ses glorieux prédécesseurs qu'il a vu de ses yeux des peuples étrangers et a, nous le savons, apprécié leurs hautes qualités*. «

Une vie si active et peut-être aussi la rigueur du climat ne tardèrent pas à altérer la santé de Mgr Pecci, et il dut solliciter son rappel. Léopold I*' en fut centriste : par un décret du l*" mai 1846, il lui conféra le grand cordon de son ordre et lui témoigna par ce titre honorifique c son estime et sa bienveillance particulières » ; il le pria de remettre au Pape un pli cacheté. Le prélat demanda si les communications du Roi à Sa Sainteté étaient urgentes, car il désirait, avant de rentrer à Rome, visiter une partie de FEurope, pour y étudier les institutions politiques , comme il avait fait en Belgique et en Hollande.

* M. Léonce de là BàlLàyc, Retme hulorique, 10 mars 1878.

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