CHAPITRE XXIII
relie, et en disposant la jeunesse à Tacquisition des T^tus sociales çt civiles. Mais, outre qu'une morale ainsi faite ne peut conduire rhomme à la fin très-haute à lui destinée par la bonté divine dans la vision béatifique de Dieu, elle n'a pas non plus sur Tâme de Tenfant la force suffisante pour le former à la vertu et pour le maintenir ferme dans le bien ; elle ne répond pas aux besoins véritables et réellement sentis de Thomme, qui est animal religieux, de même qu'il est animal social, et tandis qu'aucun progrès scientifique ne pourra jamais arracher de son âme les profondes racines de la religion et de la foi. Pourquoi donc ne pas employer, pour former le cœur de Fenfant, le catéchisme catholique, dans lequel on trouve la manière la plus parfaite et les semences les plus fécondes d'une saine 'éducation?
L'enseignement du catéchisme ennoblit et élève l'homme dans ses propres pensées en l'amenant à respecter en tout temps soi-même et autrui. C'est un grand malheur que beaucoup de ceux qui infligent au catéchisme une sentence de bannissement aient oublié ou ne considèrent pas ce qu'ils ont appris du catéchisme dans leur jeune âge. Autrement il leur serait bien facile de comprendre qu'en enseignant à l'enfant qu'il est sorti des mains de Dieu, comme fruit de l'amour que Dieu lui a librement porté; qu'en lui enseignant que tout ce qu'il voit est ordonné pour lui, roi et seigneur de la création; qu'il est si grand et qu'il a une valeur telle que, pour le racheter, le Fils éternel de Dieu n'a pas dédaigné revêtir sa chair; que sa vie spirituelle est alimentée par les chairs de l'Agneau divin ; que l'Esprit-
Saint, en demeurant en lai, comme dans son temple vivant, le remplit d'une vie et d'une vertu tout à fait divines : — il serait facile de comprendre qu'en enseignant tout cela à l'enfant, c'est lui donner une puissante impulsion pour garder avec soin la qualité glorieuse de fils de Dieu et pour honorer cette qualité par une vie vertueuse.
Il comprendrait aussi que l'on peut s'attendre à de grandes choses de la part de celui qui, à l'école du catéchisme, apprend qu'il est destiné à une fin très-haute, à savoir la vision et l'amour de Dieu ; qui est habitué à veiller constamment sur lui-même, et qui est réconforté par toute sorte de secours pour soutenir la guerre que lui font des ennemis implacables ; à qui l'on enseigne aussi à être docile et soumis, en lui apprenant à vénérer dans ses parents l'image du Père qui est dans les cieux, et dans le prince l'autorité qui vient de Dieu et qui reçoit de Dieu la raison d'être ainsi que la majesté; qui est amenéàrespecter dans ses frères la divine ressemblance qui brille sur son propre front et à reconnattre dans les misérables apparences du pauvre le Rédempteur luimême; qui, enfin, est sauvé à temps des doutes et des incertitudes par le bienfait du magistère catholique, lequel porte les titres de son infaillibilité et de son authenticité gravés dans sa divine origine, dans le fait prodigieux de son établissement sur la terre, dans l'abondance des fruits très-doux et salutaires qu'il produit.
Il comprendrait enfin que la morale catholique, munie
de la crainte du châtiment et de l'espérance certaine de
sublimes récompenses, ne court pas le risque de cette
thique civile que l'on voudrait substituer à la morale