‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 131 sur 152 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

religieuse ; et jamais ils n'auraient pris la funeste résolution de priver la génération présente de tant et de si précieux avantages, en bannissant des écoles renseignement du catéchisme.

Et Nous disons bannir, car la mesure qu'on a prise de donner Tinstruction religieuse seulement à ces enfants pour lesquelles parents en font la demande expresse est complètement illusoire. On ne réussit pas, en effet, à comprendre comment les auteurs d'une aussi malencontreuse disposition ne se sont pas aperçus de Timpression sinistre qui devait nattre dans Tâme de Tenfant, en voyant renseignement religieux placé dans des conditions si diverses des autres. L'enfant qui, pour être stimulé à une étude diligente, a besoin de connaître l'importance et la nécessité de ce qu'on lui enseigne, quel souci aura-t-il pour un enseignement à l'égard duquel l'autorité scolaire se montre froide ou hostile, en ne le tolérant qu'à contre-cœur?

Et puis, s'il y avait des parents (comme il n'est pas diflScile d'en trouver] qui, par méchanceté d'âme ou plus encore par ignorance et négligence, ne penseraient pas à demander pour leurs fib le bienfait de l'instruction religieuse, une grande partie de la jeunesse resterait à jamais privée des plus salutaires enseignements, au grand détriment non-seulement de ces âmes innocentes, mais aussi de la société civile. Et les choses en étant à ce point, ne serait-ce pas un devoir pour ceux qui président aux écoles de remédier à la malice ou à la négligence d'autrui? Dans l'espoir d'obtenir des avantages assurément moins importants, on avait pensé dernièrement à rendre obligatoire, en vertu d'une loi, l'instruction élé-

mentaire, en contraignant, même sons peine d'amendes, les parents à envoyer leurs enfants à Fécole ; et maintenant de quel cœur viendrait-on soustraire aux enfants catholiques Finstruction religieuse qui est assurément la plus sage garantie d'une sage et vertueuse direction donnée à la vie? N'est-ce pas une cruauté que de prétendre que ces enfants croissent sans aucune idée, sans aucun sentiment de religion, jusqu'à ce que, l'ardeur de l'adolescence étant venue, ils se trouvent en face de séduisantes et violentes passions, désarmés, dépourvus de tout frein, avec la certitude de se voir entraînés dans les sentiers bourbeux du crime ?

C'est une peine pour Notre cœur paternel de voir les défdorables conséquences de cette délibération si peu sage; et Notre peine s'accrott encore en considérant qu'aujourd'hui plus que jamais les excitations à toutes sortes de vices sont fortes et nombreuses. Vous donc, monsieur le cardinal, qui, en vertu de votre haute charge de Notre vicaire, suivez de près le développement de la guerre qui se fait dans notre Rome contre Dieu et contre l'Église, vous savez bien, sans qu'il soit nécessaire d'en parler longuement ici, combien de périls rencontre la jeunesse : des doctrines pernicieuses et subversives de tout ordre constitué, d'audacieuses et violentes entreprises contre toute autorité légitime, enfin l'immoralité qui, sans aucun frein, s' affiche ouvertement de mille manières pour salir les yeux et corrompre les coeurs.

Tandis que ces attaques et d'autres semblables sont dirigées contre la foi et contre les mœurs, chacun peut comprendre avec quelle opportunité on a choisi le

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