CHAPITRE XXIII
moment pour chasser des écoles publiques Téducation chrétienne.
On veut peut-être par ces dispositions, au lieu de ce peuple romain qui, par sa foi, était célèbre dans le monde entier, dès les temps apostoliques, et qui, jusqu'à nos jours, était admiré pour la bonté et la religieuse culture de ses mœurs, former un peuple sans religion, dissolu, et le conduire ainsi à Fétat de la barbarie. Et au milieu de ce peuple, perverti avec une aussi insigne déloyauté, comment le Vicaire de Jésus-Christ, le mattre de tous les fidèles, pourrait-il voir son autorité suprême respectée, comment pourrait-il avec honneur y tenir son siège auguste et veiller, avec le respect qui lui est dû et la tranquillité dont il a besoin, aux affaires qui incom bent à son ministère pontifical ? Telle est, monsieur le cardinal, la situation qui, en partie, Nous est déjà faite et qui Nous est préparée pour l'avenir, si le Dieu clément ne vient mettre un terme à cette série d'attentats de plus en plus coupables. Mais tant que la Providence, dans ses jugements adorables, laisse durer cette épreuve, s'il n'est pas en Notre pouvoir de changer la condition des choses, c'est pourtant Notre devoir de faire tous Nos efforts pour en rendre moins sensibles les dommages. Aussi faut-il que non-seulement les curés redoublent de diligence et de zèle dans l'enseignement du catéchisme, mais aussi que l'on supplée par des moyens nouveaux et efficaces au vide qui se fait par la feu te d'autrui. Nous ne doutons pas que, en cette circonstance encore, le clergé de Rome ne remplisse les devoirs sacrés de son ministère sacerdotal et qu*il se dévoue avec le soin le plus affectueux, pour préserver la jeunesse romaine
des périls qui menacent sa foi et sa moralité; Nous sommes également certain que les associations catholiques, si florissantes dans cette ville au grand avantage de la religion, concourront par tous les moyens en leur pouvoir à la sainte entreprise qui tend à empêcher que cette auguste cité, perdant le caractère sacré de religion et le privilège envié d'être la cité sainte, ne devienne la victime de Terreur et le théâtre de Fincrédulité. Etvous, monsTeur le cardinal, avec la sagacité et la fermeté qui vous distinguent, recommandez la multiplication des chapelles et des écoles où les enfants se réunissent pour être instruits sur la sainte religion catholique, dans laquelle ils sont nés par une insigne grâce du ciel. Faites en sorte, comme cela se pratique déjà avec d'heureux résultats dans quelques églises, que de vertueux et charitables laïques, sous la surveillance d'un ou de plusieurs ecclésiastiques, prêtent leur concours pour enseigner le catéchisme aux enfants; que les parents soient exhortés par les curés respectifs à y envoyer leurs enfants, et qu'à tous aussi l'on rappelle le devoir qui leur incombe d'exiger dans les écoles Tinstruction religieuse pour leurs propres enfants. Il sera également utile d'établir pour les adultes, dans les lieux qu'on jugera plus convenables, des instructions religieuses afin de maintenir toujours vivants dans les âmes les enseignements salutaires reçus dès l'enfance. Ne vous lassez jamais d'enflammer la piété et d'animer de plus en plus le zèle des prêtres et des laïques, en mettant sous leurs yeux l'importance d'une telle œuvre, les mérites qu'ils acquerront devant Dieu, envers Nous et envers l'entière société, et représentez-leur aussi que