CHAPITRE XXIII
Nous aurons pour les plus actifs toute la considération qu'ils méritent.
Nous ne devons pas omettre enfin que, pour mieux réussir dans Notre but, il faut aussi le secours des moyens matériels qui ne répondent pas aux besoins. Mais si Nous-même, réduit à vivre de l'obole des fidèles, qui se trouvent de leur côté dans de grandes angoisses, à cause des temps troublés que Nous traversons, Nous ne pourrons être aussi généreux que le voudrait Notre cœur, Nous n'omettrons pas pourtant de faire tout ce qui Nous sera possible pour détourner le mal qui, de la négligence de l'éducation religieuse, dérive pour l'enfant d'abord, et ensuite pour la société civile elle-même.
Au reste, il faut que tous Nos desseins et toutes Nos sollicitudes soient précédés de l'invocation de l'aide divine, sans laquelle toute espérance d'heureuse réussite est vaine. C'est pourquoi Nous Nous adressons à vous, monsieur le cardinal, en vous recommandant vivement d'exhorter le peuple romain à élever à Dieu de ferventes prières pour qu'il maintienne entière dans cette cité la lumière de la foi catholique, que les sectes hérétiques prétendraient obscurcir et éteindre complètement ; ces 'sectes, dis-je, que l'on accueille ici avec honneur, et les impiétés conspirent d'un commun accord pour renverser cette Pierre très-solide contre laquelle, ainsi qu'il est écrit, les portes de l'enfer ne prévaudront jamais. — Dans le cœur des Romains est bien ancienne la dévotion à la Mère Immaculée du Sauveur ; et maintenant, à mesure que le péril devient plus grave, qu'ils recourent plus fréquemment et avec plus d'ardeur à Celle qui a écrasé le serpent et vaincu les hérésies. •» Prions pendant
les jours qai rapeUent la mémoire solennelle des glorieux apôtres, et pendant que les fidèles se prosternent avec respect dans leurs basiliques et les conjurent d'intercéder auprès de Dieu pour la cité qu'ils ont sanctifiée de leur présence et qu'ils ont laissée dépositaire de leurs cendres, comme un gage de leur incessante protection.
Faisons comme une douce violence par nos supplications aux célestes patrons de Rome, lesquels, ou par leur sang, ou par leurs travaux apostoliques, ou par leurs saints exemples, affermirent dans le cœur des pères la foi que Ton voudrait arracher à nos enfants, et Dieu se laissera toucher de pitié, et il ne permettra point que sa religion devienne la risée des hommes méchants.
Recevez en attendant, monsieur le cardinal, la bénédiction apostolique que Nous vous accordons du fond du cœur à vous, et à tout Notre très-cher peuple.
Donné au Vatican, le 26 juin 1878.
LÉON XUl, Pape.