CHAPITRE XXIV
mérite de tïotre part, Nous ayons été éleyé au siège du Prince des apôtres, et Nous Nous faisons Fagréable devoir de porter avec empressement ce fait à la connaissance de Votre Majesté Impériale et Royale, sous le sceptre puissant et glorieux de laquelle se trouve un si grand nombre d'adhérents de notre très-sainte religion.
Regrettant de ne plus trouver les rapports qui existaient si heureusement autrefois entre le Saint-Siège et Votre Majesté, Nous en appelons à la magnanimité de son cœur pour obtenir que la paix et la tranquillité des consciences soient rendues à cette partie considérable de ses sujets. Et les sujets catholiques de Votre Majesté ne manqueront pas, ainsi que leur impose la foi même qu'ils professent, de se montrer, avec la plus scrupuleuse soumission, respectueux et fidèles envers Votre Majesté.
Pleinement assuré de la justice de Votre Majesté, Nous implorons le Seigneur de lui accorder les dons du ciel avec abondance et le supplions de daigner unir Votre Majesté à Nous par les liens de la charité plus parfaite.
Donné à Rome, à. la basilique de Saint -Pierre, le 28 février 1878, et de Notre règne la première année.
Réponse de S. M, l'Empereur à la notification de S. S, Léon XIII, en date de Saint-Pétersbourg, le 22/évrier (5 mars) 1878.
Nous avons reçu la notification que Votre Sainteté Nous a faite de son avènement au trône pontifical et le
vœu qu'elle Nous exprime, afin que les bonnes relations entre Notre gouyernement et le Saint-Siège catholique romain puissent se rétablir, à T avantage des populations de Notre Empire qui professent cette religion. Nous partageons ce désir de Votre Sainteté. La tolérance religieuse est un principe consacré en Russie par les traditions politiques et les mœurs nationales. Il n'a pas dépendu de Nous que FÉglise catholique romaine, comme toutes celles existant dans Notre Empire sous Tégide des lois, n'accomplisse en pleine sécurité la mission que la religion, strictement étrangères aux influences politiques, est appelée à exercer pour l'édiGcation et la moralisation des peuples. Votre Sainteté peut être conyaincue que, dans ces limites, toute la protection compatible avec les lois fondamentales de Notre Empire, que notre devoir est de faire respecter, sera accordée à l'Église dont Elle est le chef spirituel , et que Nous seconderons avec empressement tousses eflbrts tendant au bien-être religieux de Nos sujets du rit catholique romain.
Berlin, 24 mars 1878.
Guillaume, par la grâce de Dieu Empereur et Roi, à Léon XIII Souverain Pontife de l'Église catholique romaine, salut.
J'ai reçu avec reconnaissance, par l'intermédiaire du gouvernement confédéré de S. M. le roi de Bavière, la lettre du 20 février par laquelle Votre Sainteté a eu la bonté de m'informer de son élévation au siège papal.