‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 137 sur 152 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Je TOUS félicite sincèrement de ce que les Toix du sacré Collège se soient réunies sur votre personne, et je vous souhaite de tout cœur un gouvernement béni de TÉglise confiée à votre garde. Votre Sainteté relève avec raison ce fait que mes sujets catholiques, de même que les autres, prêtent à Tautorité et aux lois Tobéissance qui répond aux enseignements de la commune foi chré* tienne.

Me référant au coup d*œil que Votre Sainteté a jeté sur le passé, je puis ajouter que, pendant des siècles, les sentiments chrétiens du peuple allemand ont conservé la paix dans le pays et Tobéissance envers les autorités de ce pays, et qu'ils garantissent que ces biens précieux seront également sauvegardés dans Tavenir.

J'emprunte volontiers aux paroles amicales que vous m'avez adressées Fespoir que vous serez disposé, avec Finfluence puissante que la constitution de votre Église accorde à Votre Sainteté sur tous les serviteurs de cette Église, à agir en sorte que ceux de ces serviteurs qui Font négligé jusqu'ici, suivant dorénavant l'exemple de la population dont l'éducation spirituelle leur est confiée, obéissent aux lois du pays qu'ils habitent.

Je prie Votre Sainteté de vouloir bien agréer l'assurance de ma plus haute considération.

GuiLLAUMEi Empereur et Roi.

Contre-signe r De Bismarck.

te.

A Sa Sainteté le Pape Léon XIIL

Berlin, le 10 juin 1878.

L'Empereur, mon père, n'est malheureusement pas encore en état de remercier Votre Sainteté pour la sympathie témoignée à l'occasion de l'attentat du 2 de ce. mois.

Je considère donc yolontlers comme un de mes premiers devoirs de tous remercier sincèrement à sa place pour l'expression de vos sentiments amicaux. L'Empereur avait retardé sa réponse à la lettre de Votre Sainteté du 17 avril, dans l'espoir que des explications confidentielles fourm'raient la possibilité de renoncer à exprimer par écrit une opposition de principes qui ne saurait être évitée, si Ton continue l'échange de correspondances dans le sens de la lettre de Votre Sainteté, datée du 17 avril.

La teneur de cette dernière lettre m'amène malheureusement à admettre que Votre Sainteté ne croit pas pouvoir accomplir l'espoir exprimé dans la lettre de mon père, datée du 24 mars, que Votre Sainteté recommanderait aux serviteurs de votre Église l'obéissance envers les lois et l'autorité de leur pays.

Quant à la demande exprimée dans votre lettre du 17 avril, que la constitution et les lois de la Prusse soient modifiées conformément aux dogmes de l'Église catholique romaine, aucun monarque prussien ne saurait l'accepter, par la raison que l'indépendance de la monarchie^ dont la sauvegarde m'est confiée en ce

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