CHAPITRE XXIV
moment comme Théritage de mes ancêtres, comme im devoir à remplir envers le pays, serait diminuée si le libre mouvement de sa législation était subordonné à une puissance étrangère.
Si donc il n^est pas en mon pouvoir, et que peut-être il ne soit pas au pouvoir de Votre Sainteté de clore maintenant une lutte de principes qui depuis un siècle a été plus sensible dans Thistoire de l'Allemagne que dans l'histoire des autres pays, je n'en suis pas moins prêt à traiter les difficultés qui résultent, pour les deux parties, du conflit que nous ont légué nos pères, dans un esprit de conciliation et dans des sentiments favo* râbles à la paix qui sont le fruit de mes convictions chrétiennes.
Dans la supposition que ces dispositions sont conformes à celles de Votre Sainteté, je ne renoncerai pas à l'espoir que, là où une entente n'est pas possible sur le terrain des principes, les dispositions conciliatrices des deux parties ouvriront pour la Prusse aussi les voies pacifiques qui n'ont jamais été fermées à d'autres États.
Que Votre Sainteté agrée l'expression de mon dévouement et de mon respect.
- Frédéric-Guillaume, prince impérial.
Prince DE Bismarck.
A Son Excellence le Président de la Confédération suisse à Berne, Léon XII J, Pape.
Excellence, salut.
Élevé par la volonté divine, bien que sans aucun mé-
rite de Notre part, à la sublime chaire du Prince des apôtres, Nous Nous empressons d'en donner connaissance à Votre Excellence, dans la conyiction que cette communication personnelle pourra tous être agréable et bien^ Tenue. Nous sommes affligé, à cette occasion, que les relations amicales qui existaient autrefois entre le Saint- Siège et la Confédération suisse aient subi, ces dernières années, une interruption déplorable ; d'autre part, que la situation de TÉglise catholique en Suisse soit également déplorable. Confiant dans les sentiments de justice qui animent Votre Excellence et le peuple suisse, Nous espérons qu'on ne tardera pas à trouyer des remèdes opportuns et efficaces à ces maux, et, dans cette douce espérance. Nous prions le Seigneur de répandre sur elle toute l'abondance des dons célestes, en même temps que Nous le supplions de daigner la réunir à Nous par les liens de la plus parfaite charité.
Donné à Saint-Pierre de Rome, le 20 février 1878, la première année de notre pontificat.
Signé : LEO P. P. XIII.
Réponse du Président de la Confédération,
Très Saint-Père,
Par bref daté du 25 février de cette année, Votre Sainteté a bien voulu donner au Conseil fédéral de la Confédération suisse connaissance de son avènement au Siège apostolique, survenu le jour même.
C'est avec le plus haut intérêt que le Conseil fédéral