‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 140 sur 152 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

plore l'interruption des rapports entre certains États et le Saint-Siège, et il conclut par des paroles d*espérance qui trouveront un écho dans tous les cœurs chrétiens. Là où Toppression a été plus violente, là où les cœurs sont plus aigris, le chef de TÉglise veut se placer entre les oppresseurs et les opprimés, pour les réconcilier dans la charité et dans la justice, et pour mettre fin à cette situation violente qui fait souffrir les faibles, mais qui ne profite pas aux forts. Dans les différentes lettres du nouveau Pontife, les ennemis de TÉglise eux-mêmes auraient de la peine à trouver un seul mot d'irritation, une seule expression tant soit peu blessante; la plainte eUe-mème, pourtant si justifiée, a un caractère paternel et confiant, et laisse en." trevoir un meilleur avenir. Dans plusieurs pays de l'Europe, FËglise a été dépouillée et opprimée, et pourtant c'est elle qui, dans la personne de son Pontife suprême, fait aujourd'hui le premier pas vers cette société agitée et infirme qui a besoin de l'Église dont elle s'est séparée et qui semble avoir honte de l'appeler à son secours.

c C'est un grand et beau spectacle que celui de ce pape qui annonce son avènement aux souverains de la terre en formulant uniquement des vœux de paix. D'ordinaire les souverains, en montant sur le trône, expriment l'espoir de pouvoû* élever leurs peuples au-dessus de tous les autres peuples. Mais le chef de l'Église se borne à revendiquer la liberté des âmes contre ceux qui les oppriment, et aucune ambition terrestre ne se mêle aux vœux qu'il forme pour le rétabh'ssement de la paix religieuse en Europe. L'intérêt des âmes, voilà ce qui domine tout dans la pensée du Pape, et sa parole sait trouver des accents que les adversaires mêmes du catholicisme ne peu-

vent entendre sans une certaine émotion. C'est pourquoi, tandis que nous ayons admiré tant de dignité et de cha-^ rite dans le langage pontifical, il nous semble, d'autre part, avoir reconnu dans les réponses de quelques chefs d'État une certaine confusion qui pourrait même être prise comme un symptôme de repentir ^ »

Les efforts pacifiques du pape Léon XIII n'ont pas tardé à être couronnés de succès.

L'Espagne s'est rapprochée dayantage du Vatican, et les liens qui unissaient le Saint-Siège avec la cour de Vienne ont été resserrés par les témoignages réciproques d'une sincère et profonde amitié. C'est ainsi que le pape Léon XIII vient de décider, d'accord avec le gouvernement autrichien, le rétablissement des évèchés dans la Bosnie et l'Herzégovine.

Le Portugal a repris avec le Vatican ses anciennes relations amicales, et jusque dans le nouveau monde, au Mexique, dans les républiques espagnoles du centre de l'Amérique et dans le Brésil, une ère de paix religieuse vient de s'ouvrir.

En Angleterre, cette terre classique de la liberté, l'opi'nion publique, impressionnée par l'esprit élevé du souverain Pontife, son langage si noble et si bienveillant, s'est prononcée d'une manière très-sensible en faveur du Saint- Siège et d'une entente sincère entre la couronne britannique et les sujets catholiques du Royaume-Uni.

Les rapports de la cour pontificale avec l'Empire ger-

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