‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 144 sur 152 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

civile? En rérité, Nos prédécesseurs n'ont jamais hésité à soutenir pour le salut des peuples des lattes de toute nature, à souffrir de pénibles épreuves et à s'exposer à de cruels reproches. Les yeux dirigés vers le ciel, ils n'ont jamais courbé leur front devant les menaces de Tinjustice, et jamais ils ne se sont laissé, soit par des flatteries, soit par des promesses, détourner de leur devoir.

C'est ce Siège apostolique qui a rassemblé et groupé ensemble les débris de la vieille société vermoulue. C'est lui qui a été le flambeau dont la lumière aimée a brillé sur la civilisation des temps chrétiens. C'est lui qui a été, dans les tempêtes les plus terribles déchaînées sur l'humanité, l'ancre de salut, le lien sacré de concorde, qui a réuni les nations éparses et de mœurs différentes. C'est lui enfin qui à été le centre commun dans lequel on a cherché, pour la paix et pour l'administration de l'État, la doctrine de la foi et de la religion, en même temps que les prévisions et les conseils. Est-il besoin d'insister sur ce point? C'est la gloire des papes d'avoir constamment été, pour la société humaine, des remparts et des boulevards la pré* servant de retomber dans l'antique superstition et dans l'antique barbarie.

Si cependant cette autorité réparatrice n'avait pas été détruite, la puissance temporelle des princes n'aurait pas perdu ce saint éclat, ce présent qu'ils tenaient de la religion et qui est le principe d'une obéissance digne de la noblesse de l'humanité : les guerres fréquentes, injustes et meurtrières qui viennent ruiner les peuples, n'auraient pas lieu, et les États qui un jour ont été si puissants n'au-raient pas perdu leur ancienne splendeur et n'auraient pas succombé sous le poids des attaques les plus diverses.

Les peuples de rOrient, qui ont déchiré les liens étroits qui les attachaient au Saint-Siège, et qui par là ont perdu Féclat de leur noblesse première et de leur dignité, qui se sont TUS privés du bienfait des arts et des sciences, en sont un exemple.

Mais le pays qui a le plus particulièrement profité des bienfaits de la puissance du Saint-Siège, c'est Tltalie.

Ce sont les papes romains, en eiïet, qui ont donné à ntalie cette gloire et cette autorité dont elle jouit parmi les autres peuples.

L'autorité duPontifeetsa paternelle sollicitudeont sauvé plus d'une fois Tltalie dés attaques réitérées de ses ennemis en lui portant secours; c'est ainsi que la foi catholique a été chère de tout temps aux cœurs italiens.

Tels sont les services rendus par Nos prédécesseurs, sans parler de ceux rendus à lltalie par Léon le Grand, Alexandre III, Innocent III, saint Pie Y, LéonX et d'autres papes qui, par leur secours, ont sauvé la péninsule, des Apennins de l'envahissemment des barbares, en conservant intacte la vieille croyance et en répandant la lumière sur cette époque d'obscurité par la vulgarisation des sciences et des arts.

Une preuve encore de ce que Nous avançons, c'est cette ville, siège des pontifes, qui a retiré d'eux les plus grands avantages, car ils ne se sont pas contentés d'en faire la capitale de l'Église, mais encore une ville où les sciences, les arts, étaient cultivés avec éclat; c'est ainsi que Rome est devenue l'admiration de tous et s'est acquis le respect du monde.

Gomme les grandeurs dont Nous venons de parler sont attestées par une suite ininterrompue de monument»

Page 1