‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 146 sur 152 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

plus solide, Nous Nous adressons ici spécialement à vous, Vénérables Frères, et Nous vous recommandons instamment d'imposer Tamour de la religion aux fidèles confiés à votre zèle apostolique et à votre surveillance pastorale, afin qu'ils se trouvent de plus en plus rapprochés de ce siège de vérité et de justice, qu'ils acceptent toutes les doctrines avec l'intime adhésion de Tintelli* gence et delà volonté, et qu'ils repoussent les opinions, si répandues qu'elles soient, qu'ils savent être contraires aux enseignements de l'Église.

Nos prédécesseurs sur le siège pontifical, et en dernier lieu Pie IX, dans le concile œcuménique du Vatican, se souvenant de ces paroles de saint Paul : « Prenez garde que personne ne vous abuse par la philosophie et par une vaine apparence de tradition humaine » , ont réprouvé les erreurs répandues et les ont anéanties par le moyen de la censure apostolique. Nous voulons Nousmême, suivant les traces de Nos prédécesseurs, confirmer et renouveler par la présente, du haut de ce siège apostolique de vérité, toutes ces condamnations, et Nous prions en même temps ardemment le Père de lumière de faire en sorte que tous les fidèles pensent et parlent dans le même sens et dans la même conviction que Nous.

Or, il est de votre devoir. Vénérables Frères, de faire tous vos efforts pour que la semence des doctrines célestes soit répandue au loin dans le champ du Seigneur, et que les enseignements de la foi catholique soient inculqués de bonne heure dans les ftmes des fidèles, afin qu'elles y jettent de profondes racines et qu'elles soient préservées de la contagion des erreurs. Plus les ennemis de la religion s'appliquent activement à fournir de préfé-

rence aux hommes et aux jeunes gens inexpérimentés des enseignements de nature à égarer les esprits et à corrompre les mœurs, plus il importe de s'opposer avec zèle non-seulement à ce que la méthode de renseignement soit convenable et solide, mais aussi à ce que renseignement de la foi catholique elle-même fleurisse partout également dans les écrits et dans les paroles, surtout dans la philosophie, de laquelle dépend en grande partie Tin telligence exacte des autres sciences, et qui, loin de viser à renverser la révélation divine, se félicite de lui frayer la voie et de la défendre contre ceux qui l'attaquent, comme nous l'apprennent l'exemple et les écrits du grand Augustin, le Docteur angêlique, et les autres maîtres de la sagesse chrétienne. Or, le meilleur enseignement de la jeunesse, pour la protection de la vraie foi et de la religion, et pour la sauvegarde des mœurs depuis l'âge le plus tendre, doit nécessairement commencer dans la famille, qui, dans nos temps actuels, a été déplorablcment jetée dans l'égarement, et qui ne peut être rétablie dans sa dignité que par les lois instituées par le divin Fondateur de l'Église.

Non-seulement il a élevé à la dignité de sacrement le mariage, dans lequel il a voulu symboliser son union avec l'Église, et il a sanctifié ainsi le lien conjugal; mais, de plus, il a procuré aux parents et à leurs descendants les moyens les plus eflicaces par lesquels ils puissent obtenir le bonheur dans cette vie et dans Téternité, enremplissant leurs devoirs réciproques. Mais comme des lois impies, qui ne tiennent pas compte du lien religieux de cet auguste sacrement, l'ont mis au niveau des contrats purement civils, il en résulte malheureusement

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