‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 147 sur 152 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

que l'on offense la dignité du mariage chrétien en contractant le concubinage légal au lieu du mariage, que les époux négligent les devoirs de la fidélité mutuelle, que les enfants refusent Tobéissance et la soumission aux parents, que les liens de l'amour sont relâchés dans la famille, et que, chose encore plus triste et plus nuisible à la morale publique, un amour insensé est souvent suivi d'une séparation funeste et pernicieuse.

Ces faits malheureux et déplorables doivent, Vénérables Frères, éveiller votre zèle et vous engager à exhorter assidûment et continuellement les fidèles confiés à Notre protection, afin qu'ils prêtent Foreille aux doctrines concernant la sainteté du mariage chrétien et obéissent aux lois par lesquelles l'Église règle les devoirs des époux et des enfants. Nous aurons alors le bonheur de voir s'améliorer les mœurs et la manière de vivre des hommes. Car, de même qu'un tronc malsain produit des rameaux chétifs et de mauvais fruits , la souillure qui démoralise les familles nuit à tous par sa déplorable contagion.

Au contraire, si la famille conforme sa conduite aux préceptes chrétiens, les différents membres s'accoutumeront peu à peu à aimer la religion et la piété, à fuir les doctrines fausses et pernicieuses, à cultiver la vertu, à obéir aux parents et à restreindre l'insatiable égoïsme qui a tant abaissé et énervé la nature humaine. Pour arriver à ce but, il ne sera pas inutile de réglementer et de favoriser les associations pieuses qui ont été heureusement fondées de notre temps pour le bien de la cause catholique.

C'est certainement une tâche grandiose et dépassant

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les forces hamaines que Nous entreprenons, mes Vénérables Frères, et dont Nous hâtons le succès de Nos désirs et de Nos espérances. Mais, comme Dieu a rendu les peuples de la terre guérissables lorsqu'il a créé TËglise pour le salut des peuples, et lorsqu'il a promis qu'il resterait avec elle jusqu'à la fin des temps , Nous espérons fermement que l'humanité, avertie par tant de malheurs, cherchera enfin, avec votre aide, son salut et son bonheur dans l'obéissance à l'Église et dans l'enseignement infaillible du Siège apostolique.

Mes Vénérables Frères, avant de finir, Nous devons vous exprimer Notre reconnaissance pour ce merveilleux accord et cette admirable union qui, en vous unissant à ce Siège apostolique, n'a fait de ces deux éléments qu'un seul corps.

Nous croyons que cetle union complète ne constitue pas seulement un rempart invincible contre les attaques des ennemis, mais qu'elle est en outre un symptôme heureux et bon qui présage à l'Église des temps meilleurs; en même temps qu'elle donne la plus grande consolation à Notre faiblesse, elle relève opportunément Notre courage pour que Nous puissions soutenir énergiquement toutes les épreuves et tous les combats pour TÉglIse de Dieu, dans la fonction difficile que Nous venons d'accepter.

De ces motifs d'espoir et de reconnaissance que Nous vous avons exposés. Nous ne pouvons séparer ces preuves d'amour et d'obéissance qui ont été adressées à Notre humble personne, dès Notre avènement au Siège pontifical, par vous, Vénérables Frères, et en même temps par un grand nombre d'ecclésiastiques et de fidèles qui,

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