CHAPITRE V. S
l'évéque de Rome et la société catholique , ni le triomphe de la révolution sur Tautorité la plus respectable et la plus sacrée, sur la pierre angulaire de Tédifice européen, ni de Thumiliante et douloureuse situation à laquelle on Toudrait réduire le père commun des fidèles, le chef suprême de FÉglise universelle. Ne faisons pas remarquer tout Fodieux de cette spoliation qui détruit une société civile, de toutten^s Fauguste athénée des sciences et des beaux-arts , la source de la civilisation et du savoir pour tous les peuples , la gloire de Fltalie à qui elle assure cette primauté morale d'autant plus noble que Fesprit est audessus de la matière, le boulevard qui a préservé FEu* rope de la barbarie de FOrient; une puissance qui en restaurant les beautés et les grandeurs de Fantiquité a fondé la Rome chrétienne, un trône devant lequel se sont inclinés avec vénération les fronts couronnés des plus puissants monarques, et au pied duquel toutes les cours de FEurope et jusqu'à Fextrème Japon ont déposé de solennels hommages de respect et de soumission. Passons tout cela sous silence et tout ce qu'on pourrait dire encore d'une œuvre qui est un tissu de crimes, et bornons-nous, N. T. G. F. à constater le lien étroit qui unit l'usurpation du domaine temporel des pontifes romains aux intérêts de la vérité catholique, et les conséquences désastreuses qui en résultent pour notre sainte religion.
Ce sujet a été déjà traité depuis quelques jours sous tous ses aspects par les publicistes les plus éminents de l'Eu^ rope* Je me propose simplement d'appeler en peu de mots votre attention sur quelques preuves qui ont été etpoBées dans toute leur ampleur.
Jamais les catholiques n*ont regardé comme un dogme le pouvoir temporel du Pape : il faut pour le prétendre toute l'ignorance ou la malice de nos ennemis. Ce qu'il y a de vrai, et quiconque est doué de quelque intelligence le verra clairement, c'est qu'il existe une connexion étroite entre le pouvoir temporel et la primauté spirituelle, soit que l'on considère celle-ci en elle-même, soit que l'on envisage son libre exercice.
Lorsque Jésus-Christ voulut fonder son Église afin qu'elle servît de principe de vie et de colonne de vérité au monde racheté par lui, en perpétuant en elle le magistère de cette doctrine qu'il avait portée du ciel, il 'donna au prince des apôtres et par lui à ses successeurs la primauté de juridiction sur tout le corps des fidèles. On cesserait d'être cathoh'que, si l'on niait que le pontife romain est le père et le maître de tous les chrétiens, et qu'il lui a été conféré en la personne de Pierre, par Jésus- Christ, la pleine autorité de paître, de régir et de gouverner toute l'Église. De cette manière, Jésus-Christ voulut que, grade au dépôt de la révélation confié à l'Église, la vérité ne vînt jamais à manquer sur la terre, mais qu'elle y eût, au contraire, une demeure perpétuelle et une chaire infaillible jusqu'à la consommation des siècles, et c'est ainsi qu'existe depuis plus de dix-huit siècles, l'Église chrétienne, maîtresse de vérité et dépositaire des moyens de sanctification et de grâces que lui a donnés son divin Fondateur lorsqu'il l'a établie à la place de sa propre personne.
Cela posé, qui ne voit tout d'abord combien il répugne à la saine raison d'assujettir à un pouvoir humain le principe divin de sainteté et de vérité que Dieu a placé