‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 23 sur 152 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

yersement du trône pontifical et la ruine du catholicisme. Insensés! qui, après dix-huit siècles et demi d'expérience,, ne connaissent pas encore la puissance de cette pierre contre laquelle sont Tenus se hriser tous les efforts de Tenfer, selon la promesse de Dieu, sans aboutir à d'autre résultat qu'à procurer de nouvelles palmes à l'Église, hâtie sur cette pierre par la main du Tout-Puissant. Mais cependant on peut comprendre par là, N. T. C. F., combien il importe que le Pape conserve le pouvoir temporel.

Quand on voit l'ennemi consacrer toute son ardeur, toutes ses forces et toute son habileté au développement des ouvrages avancés qui entourent une citadelle, serait-on assez dénué de raison pour s'imaginer que la défense et la conservation de celle-ci ne sont utiles à rien?

C'est ici, N. T. C. F., qu'il faut jeter un regard plus pénétrant pour bien comprendre le caractère et la nature de la persécution renouvelée aujourd'hui contre l'Église. Cette guerre atroce j déloyale, qu'on déclare de toutes parts au Vicaire de Jésus-Christ, sous de faux prétextes et sous le masque de la plus insigne fourberie, n'est après tout que la continuation de cette guerre que l'enfer fomente contre TÉglise de Jésus- Christ, qui a été reprise avec plus d'art et plus d'ensemble par la Révolution française à la fin du siècle dernier, et que l'on espère maintenant pouvoir condw're jusqu'au triomphe.

Pour se faire illusion sur ce point, il faudrait pousser la simplicité jusqu'à l'enfantillage. Les chefs l'ont dit en propres termes dans leurs livres, dans leurs journaux,

dans leurs revues, et plus souvent encore dans leurs réunions ténébreuses. « Notre but final, disent-ils ouvertement, est celui de Voltaire et de la Révolution française : l'émancipation totale du catholicisme et de toute idée chrétieime. d C'est pour réaliser ce but qu'on ouvre des écoles protestantes dans plusieurs viUes d'Italie; c'est là que tendent les hostilités déclarées au clergé ; c'^st là que l'on veut en venir en affranchissant les lois, l'enseignement, le mariage et enfin la société tout' entière de ce qu'on appelle la tyrannie théocratique.

Voilà où se réduit Tindépendance, la renaissance, le progrès, la liberté comme l'entendent les ennemis de TÉ^ise : abolir le culte catholique, exterminer la religion de Jésus-Christ, arracher de nos cœurs la foi et noi|S ensevelir dans les ténèbres du paganisme.

Le plan de la conspiration n'est plus douteux pour quiconque ne veut pas s'aveugler volontairement. Mais de quelle manière doit-on l'exécuter? On doit l'exécuter (remarquez-le attentivement, ô fils bien-aimés, afin de ne point tomber dans le piège des méchants), on doit l'exécuter en assurant, en protestant et en jurant hautement qu'on ne veut pas le moins du monde toucher à la religion ou l'oflenser.

Or, étant donné l'horrible dessein qui vient d'être révélé, il est clair qu'il n'y a plus de milieu pour nous : ou nous tenir avec le Christ et avec son Église, c'est-àdire avec le Pontife romain, qui est le Vicaire du premier et le chef visible de la seconde, contre les ennemis de notre foi, ou bien rester avec ceux-ci contre Dieu et son Église.

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