CHAPITRE V
Ce n'est .plus une affaire de politique, c'est affaire de conscience. Il ne nous est plus permis de tergiverser entre le Christ et Bélial. Nous nous rendrions vils et déloyaux devant les hommes, ennemis et coupables devant Dieu : Qui non est tnecum contra me est.
Contraints par cette nécessité à nous décider entre le courage de la conscience catholique et Tadhésion à de perfides desseins, je n'en saurais douter un instant, nul de vous ne voudrait choisir de préférence le parti des ennemis du Vicaire de Jésus*Christ. Ce serait renier les traditions de nos aïeux; ce serait (laissez-moi employer les paroles du statut de la nation) se montrer dégénérés de l'antique et très-noble sang de vos ancêtres, qui non- Seulement furent très-jaloux de la foi , mais qui voulurent encore faire de leurs poitrines un bouclier et un boule* vaid au pouvoir temporel des pontifes. Qu'ils sachent donc combien étroitement lui sont attachés l'indépendance des consciences, l'honneur et la liberté de la famille catholique même avant Charlemagne, cet illustre soldat de l'Église.
Dès l'année 727, Pérouse se donna spontanément au Saint-Siège. Ce fut lorsque l'empereur Léon l'Isaurien, ennemi du culte des saintes images, fut excommunié par Grégoire IL Pérouse, ne voulant pas être soumise à la puissance d'un prince sacrilège, abandonna Léon; elle promit par un serment solennel de défendre à jamais l'État et la vie du pontife romain, et se plaça, elle et tous ses biens, sous sa domination.
Lorsque s'élevèrent, en Italie, les querelles des Guelfes et des Gibelins, Pérouse resta invariablement fidèJte MX papes. Si des troubles éclatent dans Rome
contre ces derniers, Pérouse leur offre aussUèt dans ses murs une hospitalité sûre. Ils y trouveql leur salut et les conclaves leur liberté. Cette fidélité des Pérugiens brille d'un merveilleux éclat sous le pontificat d'Alexandre IV.
Ce pape appelait vos pères les robustes athlètes et les combattants d* élite de V Église, ne le cédant pas, pour la constance et la force d'âme, aux généreux Macchabées. Mais Pérouse atteignit le faîte de sa gloire quand, dans la première moitié du quatorzième siècle, elle porta ses armes victorieuses au delà de TOmbrie, qui lui était déjà soumise , et réduisit les adversaires des papes. Nos archives sont remplies de brefs pontificaux qui attestent* Ja vaillante assistance que nos ancêtres prêtèrent au Saint-Siège et tous les bienfaits par lesquels ils en furent récompensés.
L'histoire de votre cité est pleine de faits d'armes éclatants, qui témoignent de leur courage invincible et de leurs victoires, lesquelles replaçaient sous l'autorité de l'Église les contrées rebelles, tant étaient vifs dans ces âmes l'esprit religieux et l'amour de la papauté I Ah! s'ils se levaient du fond de leurs tombeaux, avec quelle noble indignation ils rejetteraient loin d'eux les conseils de ceux qui veulent dépouiller le Père commun des fidèles et priver l'Église de sa liberté I Les biens de cette terre, ils en faisaient le plus complet sacrifice, ainsi que de la vie elle-même, dès qu'il s'agissait de défendre et d'honorer le pouvoir de la papaiTté; çt croyez-vous trop faire en vous abstenant totalement de connivence à la sacrilège entreprise dé sa destruction? Eux, par le sang qu'ils ont versé, ils ont mérité la gloire qui entoure comme d'une auréole le ppm d^s défenseurs de FÉglise,
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