CHAPITRE V
•t TOUS Toas laisseriez séduire par ceux qui cherchent à ternir cet honneur et qui préparent à rhlstoire de la patrie des pages déshonorantes? Ah I réveillez donc en vos Âmes ces sentiments élevés et chrétiens que vos fiers ancêtres vous ont transmis avec leur sang, et, avec le courage que donne la foi, fuyez désormais tout commerce avec ces novateurs ; attachez-vous toujours plus étroitement au centre de Tunité catholique , jetez au feu ces pamphlets odieux qu'on répand parmi vous et dans lesquels on dénigre, on insulte, on outrage la majesté du souverain Pontife.
Mais avant toutes choses, remplis de confiance en Dieu, adressons-lui nos ferventes prières. Dans les temps de peste, de disette ou de tremblement de terre, nous avons l'habitude d'accourir dans les temples, et là, sans respect humain, de supplier et de conjurer le Dieu des miséricordes d'éloigner de nous ces maux qui ne sont pourtant que temporels; maintenant que l'enfer lui-même aspire à nous arracher le plus précieux des biens, en faisant une guerre universelle à la religion, et par là même à toute vertu et à toute justice , n'implorerons-nous pas du bras de Dieu, qui seul est puissant, qu'il nous préserve de la ruine dernière? Prions-le, oui, prions-le, par l'intercession de la très-sainte Vierge Immaculée et de nos saints protecteurs Constance et Etcolano, afin que, dissipant les fureurs de la tempête, il nous rende le calme et la tranquillité.
Avec toute l'effusion de notre cœur, nous vous donnons notre bénédiction pastorale.
Pérouse, le 12 février 1860.
JoAcmM, cardinal-évèque.
Cette letlre pastorale fit une grande sensation dans la Péninsule; le gouvernement s'en émut et ne négligea aucun moyen pour gagner à sa cause Tarchevèque de Pérouse. Mais malgré toutes les avances qu'on lui fit , ce prélat ne tint jamais compte des pressantes sollicitations que lui adressèrent les fonctionnaires italiens afin d'entrer en rapport d'amitié avec lui : il n'a jamais permis à aucun d'eux de franchir le seuil de son palais.
On cite encore de Mgr Pecci deux lettres très-belles et très- fermes à Victor-Emmanuel. Dans la première, il protestait énergiquement contre l'introduction du mariage civil imposé aux populations de l'Ombrie par un décret de Pepoli; dans la seconde, il réclamait contre l'expulsion des eamaldules du mont Gorona et des autres corporations religieuses.
La Voce délia terità a rappelé, au sujet de l'avènement de Léon XIII, un incident qui avait passé presque inaperçu parmi tant d'autres de la même époque et* qu'on avait pour ainsi dire oublié : c'est qu'en 1862 un procès fut intenté à Tévéque de Pérouse « pour excitation à la haine et au mépris du gouvernement ».
Voici les faits qui lui procurèrent cet honneur et ce péril : les journaux révolutionnaires avaient reproché à trois ecclésiastiques du diocèse de Pérouse de n'avoir pas voulu donner leur adhésion à la fameuse adresse du P. Passaglia, dans laquelle ce religieux conseillait au Pape l'abandon volontaire du pouvoir temporel. Les trois prêtres, pour se défendre, répondirent, par une déclaration imprimée dans la Gazetta delVUmbria, que s'ils n'avaient pas signé l'adresse de Passaglia, ils avaient signé celle de Gioia de Bari « plus sacriUge » encore, et ils ajou-
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