‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 39 sur 152 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

elle y aonom et dans l'intérêt de la civilisation, serait à la foi^éraisonnable et injuste.

Cette folie, cette injustice manifestes éclatent encore davantage si Ton consulte notre histoire civile, cette histoire que les ennemis de l'Église , pleins comme ils le sont de préjugés et de haines de parti, ou ne lisent pas ou ouldient trop vite après l'avoir lue.

Quoi donci nos bien-aimés diocésains, on veut abandonner l'Église parce qu'elle est, dit-on, incapable de favoriser la civilisation et les heureux progrès que l'on souhaite! Et, si l'on ne brûle pas les documents historiques qui intéressent notre patrie , il faut avouer qtie jamais la société, en Italie, ne s'éleva plus haut dans son essor vers la civilisation que lorsqu'elle était animée du souffle chrétien et tout enveloppée d'une atmosphère catholique. Malgré toute notre vanité et notre jactance, je ne sais vraiment pas si des hommes sensés auraient le courage de soutenir que, en fait de politique et de grandeur industrielle, nous modernes, nous sommes en voie de surpasser nos pères catholiques dont les parolçs: et les faits attestaient les croyances.

Venise, Gènes, Pise, Lucques, Florence et bien d'autres villes ou provinces italiennes, tant qu'elles se montrèrent respectueuses pour l'autorité de k sainte Église, pleines de cette foi qui se traduisait dans les magnifiques basi« liques et les innombrables institutions de la piété chrétienne, eurent une puissance qui, eu égard aux temps

n LE PAPE LÉON XIII.

et aux moyens imparfaits dont on disposait à cette ^que» surpasse celle des nations modernes les phis ilorisipntes. L'ionie, la mer Noire , TAfrique, l'Asie étaient le théâtre des relations commerciales et des expéditions guerrières de nos ancêtres; ils y faisaient d'importantes et de fécondes conquêtes; et tandis que, au dehors, leur drapeau flottait craint et honoré, chez eux, ils ne restaient pas inactifs; ils cultivaient les arts, et le négoce accroissait, par tous les moyens honnêtes , la richesse publique et la richesse privée. Les industries de la laine, de la soie, de Torfévrerie, des verres peints, de la papeterie fourkiis«saient à Florence, à Pise, à Bologne, à Milan, à Venise, à Naples, du travail à des myriades d'ouvriers, et faisaient affluer sur nos marchés Tor et le concours des étrangers.

De là vient ce luxe si énergiqucment blâmé par Alighieri, par Viliani, par Vachi, par presque tous nos chroniqueurs, fruit de la richesse produite par ces commerces; de là encore le progrès et la splendeur des beaux-arts qui charment d'ordinaire les loisirs d'une vie commode. Les noms immortels de Giotto, d'Arnolfo, de Brunellescho, jusqu'à ceux du Pérugin» de Raphaël, du Titien, de Vignola, de Palladio et d'un grand nombre d'autres forment un beau cadre au tableau qui représente le merveilleux développement de la civilisation dans une société qui n'était point obligée de briser les liens qui l'unissaient à l'Église, et de devenir incrédule pour marcher librement dans les voies du |»'ogrè8 et goûter le bien-être et les charmes de la vie.

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