‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 44 sur 152 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Tamour pour rhomme, le yif désir qu'il soit rétabli dans tous les droits que lui donna son Créateur. Or, rhomme a reçu de Dieu, pour son jiéritage dans le temps, cette terre oùnl vit et dont il a été établi le seigneur. La parole qui retentit au matin delà création : a Soumettez- Tous la terre et dominez>la' », n'a jamais été retirée. S'il avait persévéré dans l'état de grâce et d'innocence, l'homme aurait exercé son empire sans effort, la soumission des créatures aurait été spontanée, tandis qu'aujourd'hui la domination est pénible et les créatures ne subissent le joug que contraintes par la violence.

Toutefois le domaine subsiste encore, et l'Église, qui est une mère, ne peut rien avoir de plus à cœur que de le voir s'exercer, que de voir l'homme se montrer ce qu'il est en réalité, le seigneur delà créatioa. Or, ce droit s'exerce lorsque le roi des créatures, déchirant les voiles qui recouvrent ses possessions , ne s'arrête point à ce qui tombe sous ses yeux et à ce qu'il touche de ses mains, mais pénètre dans le cœur même de la nature, recueille les trésors de fécondité que recèlent les forces qui s'y trouvent et les utilise à son profit et au profit d'autrui.

Comme il apparaît beau et majestueux, ô nos*bienaimés diocésains, Thomme quand il commande à la foudre et la fait tomber impuissante à ses pieds ; quand il appelle l'étincelle électrique et l'envoie , messagère de ses volontés, au fond des abîmes de l'Océan, au delà des montagnes abruptes , à travers les plaines interminables! Comme il.se montre glorieux alors qu'il ordonne

» Gen.^ I, 28,

à la Tapeur d'attacher des ailes à ses épaules et de le conduire, avec la rapidité de réclair, par mer et par terre! Comme il est puissant lorsque, par son génie, il enveloppe cette force elle-même , la rend captive et la conduit, à travers les sentiers qu'il lui a tracés, pour donner le mouvement et comme Tintelligence à la ma-> tière brute, laquelle se substitue ainsi à l'homme et lui épargne les plus dures fatigues! Dites-moi, nos trèschers diocésains , n'y a-t-il pas en lui comme une étincelle de son Créateur quand il évoque la lumière et la fait jaillir au milieu des rues de nos cités pour éclairer les ténèbres de la nuit et remplir de ses splendeurs les vastes salles et les palais ?

Et l'Église, cette mère qui suit avec tendresse les progrès de ses fils, est si loin de vouloir y mettre obstacle, qu'elle se réjouit et tressaille d'allégresse en les voyant.

Quelle raison pourrait-il y avoir, d'ailleurs, pour que l'Église jalousât les progrès merveilleux réalisés par les études et les découvertes de notre époque ? Y a-t-il là quelque chose qui, de près ou de loin, puisse nuire jamais aux intérêts de Dieu et de la foi dont elle est la gardienne et l'infaillible maîtresse ?

Bacon de Yérulam, qui s'illustra dans la culture des sciences physiques, a écrit qu'un peu de science éloigne de Dieu, mais que beaucoup de science y ramène. Cette parole d'or est toujours également vraie, et si l'Église s'épouvante des ruines que peuvent amonceler ces

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