CHAPITRE VII
adressé dans rÉcriture aui pasteurs qui ne font pas bonne garde sur la bergerie, quand les loups approchent pour la ravager.
Ce fut cette considération, très-chers fils, qui nous porta Tan dernier à vous parler de la eitilisation, prétexte spécieux aux mains des ennemis de FÉglise, pour vous prouver qu'il n'y avait pas lieu, dans le but de la faire progresser, de provoquer une levée d'armes contre nous, qui <K ne pouvons pas être les amis et les partisans de la civilisation. » Et comme l'étendue du sujet ne nous aurait pas permis de le développer, mais seulement de l'efBeurer, nous avons parlé, si vous vous ne souvenez, de la civilisation au point de vue du hien-être physique des hommes qui vivent en société, renvoyant à une autre occasion favorable d'étudier un autre côté de la civilisation, parmi les deux qui nous restent à considérer : un seul égale^ ment, pour la même raison, de peur de rendre notre lettre pastorale trop longue. Or, de ces deux aspects, le premier qu'il conviendrait logiquement de considérer, serait celui qui est relatif au perfectionnement progressif de l'homme en tant qu'^^r^ intelligent : l'ordre naturel le demanderait ainsi. Mais, sans tenir compte de cet ordre, nous nous arrêterons seulement à considérer la civilisation en tant qu'elle est un perfectionnement introduit dans les relations de l'homme comme être moral, La raison qui nous détermine à procéder ainsi, c'est que l'évéque, çn parlant à ses ouailles, n'écrit pas de^ livres çt des traitéi;
à étudier, mais s'en prend directement à Terreur qui étreint de plus près et menace de plus graves bouleversements.
Nous avons commencé à vous entretenir de la civilisation dans ses rapports avec le bien-être matériel, parce que c'est le point de vue qui touche le plus un âge ami des sens ; aujourd'hui nous prenons pour sujet la civilisation en tant qu'elle est destinée à perfectionner les relations de l'homme moral; c'est là le côté le plus élevé, le plus important et d'une application quotidienne.
Qui pourrait nier, nos très-chers fils, que le résultat d'une vraie civilisation doit être l'amélioration des mœurs, l'ennoblissement et la purification des âmes, l'aménité des ^caractères, la douceur et la générosité des relations privées, domestiques, politiques et civiles? Personne assurément , à moins qu^il ne veuille nier en même temps que l'homme soit capable de perfection et porté à se perfectionner, et qu'il n'ait le courage de renier les progrès faits dans cette voie. Tout le monde, je crois, est d'accord sur ce point; la divergence vient de cette idée que l'amélioration progressive est réputée incompatible avec le christianisme ou, ce qui revient au même, avec le magistère et l'influence de l'Église , et cela au point d'entreprendre une lutte pour faire disparaître cette influence comme un danger et un obstacle aux progrès qu'on désire. En quoi, nos très-chers fils, on ne peut s'empêcher de voir le lamentable résultat des haines qui aveuglent ceux qui en sont atteints, de sorte que, leurs