CHAPITRE VII
et aussitôt vous verrez disparaître, avec les mœurs obscènes, les corps faibles, amollis, demeures d'âmes dépravées, sans ailes pour s'élever, et vous aurez, à la place, des générations florissantes, ferme rempart de la cité; vous aurez des hommes chastes qui, n'étant plus arrêtés par les illusions de la chair, célèbrent leurs noces joyeuses avec la vérité , se réfugient en elle et , revêtus de ses splendeurs, répandent une vive lumière parmi leurs frères.
À l'homme que tourmente la soif de l'or, il est dit pareillement que l'avarice est un esclavage, qu'on ne peut servir Dieu et l'argent. Ainsi est combattue cette passion effrénée des biens de ce monde qui fait perdre le discernement et prépare le crime*. Or, faites que ces paroles trouvent dans le cœur un terrain bien préparé, et la société n'aura plus dans ses rangs de ces impitoyables égoïstes qui font d'eux-mêmes le centre de toute chose ; elle sera délivrée des rapines, des fraudes, des vols, des banqueroutes frauduleuses, des ruines lamentables.
À l'orgueilleux, enfin, il est prescrit de dépouiller la suflisance et l'enflure, et de se faire ingénu et simple comme un enfant, pour entrer dans le royaume des cieux : c'est à la condition de s'humilier qu'on peut devenir vraiment grand dans ce royaume*. Paroles d'or qui sufliraîeut, si elles étaient écoutées, à faire disparaître cet esprit de contradiction qui ne vient à bout de rien, les querelles, l'attachement excessif à des idées souvent ridicules et insensées qui amènent les amers
» Matth., VI, 24 et suiv.
* Matth., xviii, 3 et 4.
désenchantements et les lamentables catastrophes. Les ennemis de l'Église pourraient-ils trouver des remèdes mieux appropriés aux inclinations mauvaises qui sont en nous et qui retardent toujours, comme un éternel obstacle, les progrès de la civilisation?
Ah! bien-aimés fils, permettez-nous de poursuivre encore un peu cette étude; puis nous en arriverons* beaucoup trop tôt, hélas I à vous raconter les gloires des civilisations modernes et de leurs sages découvertes.
Après avoir préparé l'individu et avoir chassé de son cœur les mauvaises passions, sources de tousles désordres, TÉglise, sans s'écarter d'une ligne des enseignements du Sauveur, s'attache à régler les relations mutuelles.
Ici, il faut avant tout considérer le fondement trèssolide qu'elle pose pour maintenir ces relations durables et efficaces au profit certain de la vraie civilisation. Ce fondement, c'est la charité, qui est inconnue, même de nom, en dehors du christianisme, ou qui est connue dans un sens tout diiîérent de celui que nous lui donnons.
Aucune société, à vrai dire, ne peut subsister et n*a subsisté effectivement sans l'amour qui unit' ses divers membres et les fait marcher de concert dans leur voie. Mais tout autre est l'amour qui animait les gentils et qui anime ceux qui se sont soustraits aux influences de l'Église, tout aiiltre l'amour que le christianisme inspire et que la grâce de Jésus-Christ répand dans les cœurs. L'amour le plus noble qui puisse se développer en dehors du christianisme ne se sépare jamais de l'intérêt qui recherche