CHAPITRE VU
l'origine, t[ui n'est autre évidemment que la morale de Jésus-Christ enseignée par l'Église.
Or, nos très-chers fils, aucun de ces avantages n'a jamais pu être obtenu par les tentatives des hommes qui révent de substituer une civilisation non chrétienne à celle qui atteignit une incomparable hauteur, grâce à Faction et aux secours de l'Église. Faites, bien-aimés fils, la distinction qu'il faut entre les paroles et les écrits — lesquels ne coûtent rien ou peu de chose — et la pratique qui, en pareil cas, est tout, et vous vous convaincrez que la civilisation, loin de progresser, recule et perd, piteusement et rapidement, ce qu'elle avait gagné peu à peu par notre influence.
Ah I mes bien-aimés, est-ce donc un indice de l'adoucissement des mœurs que la haine et l'envie qui se répandent de plus en plus et envahissent l'âme de quiconque est petit et pauvre, contre celui qui est riche? Sont-ce des preuves de sentiments fraternels ou affectueux que ces frémissements de tigre, ces menaces d'in* cendie et de meurtre qui frappent nos oreilles? Est-ce un agréable et consolant spectacle que ces duels qui se suc« cèdent avec une fréquence déplorable, duels où, pour de futiles et souvent d'injustes ou de honteux motifs, les mains s'arment d'un fer criminel, et où l'on confie la réparation de torts vrais ou supposés, non pas au ministère vénérable de la justice publique, mais au sang-froid, à l'adresse, à l'agilité des membres, au haisard? N« commençons-nous pas à redevenir barbares , même en nous armant avec fureur pour la civilisation?
Mais détournons les yeux de ces sij^nes de barbarie renaissante, et reportons-les avec dél/ce, — plaise au
m LE PAPE LÉON XIII.
ciel que ce soit pour le plus grand bien de yos âmes ! »- sur l'influence salutaire de la morale chrétienne pour sanctifier et faire prospérer les diverses sociétés humaines.
La première et la plus importante est la société conjugale, d'où vient d'abord la famille et d'où résulte ensuite la société civile. Il est hors de doute, fils bien-aimés, qu'en dehors de la lumière bienfaisante répandue par Jésus-Christ et par son Église sur l'union conjugale, ses destinées furent toujours sombres, malheureuses, tandis que dans l'Église elles furent toujours heureuses et prospères. Dans l'Évangile, le mariage a été ramené à ses premiers principes ; il a été réformé sur le type de l'union dont la main de Dieu même serra les liens dans TÉden; il a été agrandi et élevé à la dignité de sacrement; il a été présenté comme la vivante image des noces célébrées par Jésus-Christ avec son Église. Après de longues Ignominies , le mariage apparaît couronné d'un diadème*. Or, il était impossible que le mariage ainsi transformé ne devînt pas la source d'insignes avantages pour la civilisation elle-même, attendu qu'ainsi élevé il devait tendre nécessairement à reproduire en lui les avantages qui resplendissent dans les noces mystiques du Fils de Dieu avec son Église.
Bien qu'il soit facile de reconnaître ces avantages au premier coup d'œil, nous ne saurions, nos bien-aimés fils, nous empêcher de vous les énumérer, tant ils sont séduisants et doux à considérer !
Jésus-Christ ne s'est pas donné à la gentilité par un
^ Matth., xiXy d; Éphét,, y, 32.