CHAPITRE IX
rendre un devoir fraternel et à vous adresser Thommage de mon admiration. Je me rappelle toujours avec complaisance les heures que nous avons passées ensemble au palais pontiGcal du Quirinal, pendant le saint concile du Vatican ; bien des fois vous me' parliez de l'explosion prochaine de la tempête qui fond sur vous, et moi, je découvrais dans votre belle âme cet ensemble de vertus apostoliques à Taide desquelles le Seigneur vous disposait à les éprouver.
« En vous voyant aujourd'hui opposer si courageusement votre poitrine d'évêque aux nouveaux persécuteurs du catholicisme et donner le spectacle d'une résistance si héroïque, d'une sérénité si intrépide, je me dis que vos titres à mon estime et à mon affection sont doublés. En face de l'iniquité de ce temps, Dieu veut renouveler, par vous et par votre vénérable collègue d'Hébron, les exemples illustres des Athanase, des Hilaire et des Eusèbe. Or, l'histoire de l'Église nous enseigne que, si chaque condamnation d'hérésie a été le plus souvent suivie de conflits et de persécutions, ces conflits et ces persécutions se sont terminés à la confusion de ceux qui les avaient favorisés, et à la plus grande gloire des héros qui avaient soutenu invinciblement les combats de l'erreur et de la perfidie.
« Il en sera ainsi de vous. Monseigneur, je n'en doute pas. En attendant, vous avez un grand sujet d'espérance si vous considérez que votre cause n'est point isolée, et que vos souffrances sont associées à celles de l'Église universelle et du Saint-Siège. Votre cœur a dû trouver, d'ailleurs, une vraie satisfaction dans les paroles d'encouragement que le chef auguste de l'Église, mû par sa
sollicitude et son amour, vous a écrites de sa main, pour confirmer votre fermeté épiscopale, bien qu'il souffre lui aussi les mêmes tribulations.
« Je joins mes humbles prières et mes vœux pour que le Seigneur continue de vous assister, et qu'en récompense de vos labeurs apostoliques, il vous accorde la grâce de voir bientôt la paix et la tranquillité renaître dans votre diocèse de Bâle.
f( Je vous offre entièrement enfin mes services, et vous remercie de la courtoisie que vous avez eue de m'adresser vos lettres.
a JoACHiM Pecci, « Cardinal-archevêque de Pérouse. »
Mgr Pecci correspondit aussi avec différents évéques, •au sujet de l'état religieux et politique de la Péninsule et de la conduite à tenir dans les circonstances nouvelles où se trouvait l'épiscopat.
Il eut des rapports suivis d'amitié avec un grand nombre de ses collègues étrangers , en particulier avec Mgr de Montpellier, évéque de Liège. Son Ém. le cardinal Donnet, et l'illustre archevêque de Westminster, le cardinal Manning. C'est Mgr Manning qui, parlant un jour à Pie IX de Mgr Pecci, lui disait : C'est un saint évèquer
(( J'ai vu, disait Mgr Donnet à son retour de Rome, j'ai vu longtemps et de très-près le cardinal Pecci. Pendant toute la durée du concile du Vatican , il fut mon commensal. Toutes les fois que je suis allé à Rome, j'ai eu avec ce vénérable prince de l'Église des rapports fréquents, et je puis bien vous dire que les liens de la