‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 76 sur 152 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

la valeur des raisons de chacun d'eux, et, après d'innombrables conférences, il se trouva qu'il les avait tous ramenés à son avis. Immédiatement fut rédigée Tallocution consistoriale par le Pontife lui-même, aidé du cardinal Simeoni, qui la transmit, séance tenante, aux étrangers avec ordre de répondre télégraphiquement : J'approuve, ou : Je n'approuve pas. Or, tous approuvèrent, de telle sorte que la nomination de S. Ém. Giovanni Pecci comme camerlingue fut véritablement ratifiée par le sacré Collège tout entier, et ceux qui d'abord lui avaient été le plus opposés ne tardèrent pas à l'apprécier.

Certes, Pie IX n'aurait pu faire un meilleur choix, mais il avait un double but. Sachant bien que sa vie ne serait plus longue, il avait voulu donner à l'Église un homme capable de la gouverner pendant la crise qu'elle aurait à subir peut-être, en attendant l'élection d'un nouveau pontife. Et n'était-il pas temps aussi de faire connaître à tous celui qu'un secret pressentiment lui faisait regarder comme un successeur ? C'est un grand et beau spectacle que celui de ce pontife qui prend toutes les dispositions nécessaires pour assurer la marche régulière du gouvernement de l'Église, le jour oii il ne sera plus.

Lorsqu'il fut nommé camerlingue de la sainte Église romaine, le cardinal Pecci, obligé de venir souvent à Rome et d'y séjourner, obtint de Pie IX pour auxiliaire dans l'administration du diocèse de Pérouse le chanoine . Laurenzi, élu évêque in partibus infidelium,

A Rome, comme dans son diocèse, le cardinal Pecci

était levé dès l'aurore, et, après avoir dit sa messe, il se mettait au travail. Ce travail n'avait pas seulement rapport aux affaires ecclésiastiques. Le camerlingue s'occupait aussi des études historiques et littéraires qui avaient charmé dans sa retraite l'archevêque de Pérouse.

Sa vie, très-laborieuse, était en .même temps très-sobre. Au palais Falconieri où il habitait, il était en quelque sorte en pension, et le cuisinier du comte Oarpigna, qui lui préparait sa nourriture, raconte qu'il dépensait fort peu.

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