CHAPITRE XII
conseillaient d'agir autrement, le premier des devoirs du sacré Collège étant aujourd'hui de s'occuper sans retard de donner un chef à l'Église yeuve et un nouveau pasteur au troupeau désolé (Je Jésus-Christ.
« Ce sentiment a prévalu sur toutes les difficultés, et a porté le sacré Collège à décider qu'il s'occuperait dans cette ville, tant que sa liberté ne serait pas le moins du monde troublée, de l'élection immédiate du nouveau souverain pontife. Cette résolution a été prise avec une tranquilité d'autant plus grande que, n'engageant l'a- Tenir en aucune façon, elle laissait le futur pontife complètement libre d'aviser aux moyens que le bien des âmes et l'intérêt général de l'Église lui conseilleraient dans les conditions pénibles et difficiles où se trouve ce siège apostolique. »
Telles étaient, à la veille du conclave, les préoccupations des cardinaux et du vénérable camerlingue. Mais elles n'empêchèrent pas ce dernier de recevoir en audience spéciale, au palais du Vatican, les délégués français chargés de présenter l'adresse des œuvres catholiques. Le cardinal Pecci répondit à l 'adresse par le discours suivant :
« Je suis heureux de la démarche que vous faites auprès du sacré Collège ; je regrette seulement que votre adresse ne m'ait pas été remise un jour plus tôt : je me serais empressé de la lire au sacré Collège. Ce matin, le cardinal Guibert a lu l'adresse des députés et sénateurs catholiques; il a parlé ensuite du dévouement de tous les Français, et ses paroles ont causé une profonde impression et une grande joie.
a Peut-être pourrai-je demain lire votre adresse, et
je ne doute pas de la consolation qu'elle apportera au milieu des tristesses de l'heure présente. Je vous remercie avec effusion, vous et tous les membres des œuvres que vous représentez. C'est un grand bonheur pour nous de voir la France se présenter la première en cette circonstance.
« Car, ne l'ignorez pas, nous ne confondons pas tout ce qui vient aujourd'hui de la France avec les Français, toujours si attachés au Saint-Siège, toujours si généreux pour l'Église. Nous remercions donc la France, et nous prions pour qu'elle revienne à ses traditions de foi et de grandeur. Elle est aujourd'hui dans une position douloureuse ; mais espérons que les prêtres et le zèle de ses enfants attireront sur elle les grâces du ciel , et que bientôt elle reprendra son poste, poste de gloire et d'honneur, qu'elle a occupé avec tant de vaillance et qui a autorisé la fol des peuples à cette devise que vous saurez réaliser : Gesta Dei per Francos. »
Ce noble langage Impressionna vivement les délégués français. Les cardinaux n'admirèrent pas moins la sollicitude administrative de Téminentissime camerlingue pendant la vacance du Saint-Siège.
Lorsque les conclaves se réunissaient au Vatican, on avait tout ce qui était nécessaire pour disposer les appartements à l'intérieur du palais, et les préparatifs se faisaient aussi très-rapidement; mais les matériaux dont on se servait en ces circonstances furent détruits en 1848 , par les révolutionnaires, et on ne les remplaça pas, les conclaves devant avoir lieu désormais au Quirinal. U fallut donc prendre de nouvelles mesures, et c'est grâce à l'actiWté infatigable du cardinal