‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 84 sur 152 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Pecci que les travaux purent être terminés pour le 18 mars.

Sans autre ambition que celle de remplir son devoir de camerlingue pendant la vacance du Saint-Siège, en maintenant de toute son autorité les constitutions pontificales; sans autre désir que celui de consoler promptement l'Église, en lui donnant un chef, il hâtait la réunion du sacré Collège et croyait en même temps abréger les jours de son gouvernement ; il lui tardait de remettre entre les mains du pontife qui serait élu une charge qui lui semblait d'autant plus redoutable qu'il en comprenait toute l'importance et qu'il en exerçait les fonctions avec une plus scrupuleuse exactitude.

Ayant conscience de son autorité, il supprima certaines largesses en usage dans la cour romaine à la mort d'un pontife, mais peu en harmonie avec les ressources actuelles de l'Église, et se montra ferme contre l'introduction des abus qui se glissent si facilement partout où l'autorité disparaît.

Son attitude envers le Quirinal fut paiticulièrement remarquée. Le roi Humbert fit demander au camerlingue une place dans le cortège des princes qui devaient assister aux funérailles de Pie IX : « Très-bien, monsieur, répondit le cardinal Pecci ; veuillez dire à Sa Majesté que d'après le cérémonial, qui règle tout en ces circonstances, la première place est réservée à l'ambassadeur d'Autriche, la seconde à celui de France, etc.. Viennent ensuite les princes étrangers qui pourraient se trouver à Rome ; il sera loisible au roi d'Italie de prendre rang parmi eux. »

Mais cette fermeté, cette énergie fut toujours unie à

la bonté, à Taffabilité. On raconte qu'un jour, ayant montré quelque peu de vivacité envers un des familiers du Vatican, il s'empressa de le rappeler pour lui faire des excuses.

Ainsi, tandis qu*ailleurs les hauts emplois excitent Tenvie et quelquefois la haine, le cardinal Pecci n'eut que des admirateurs et, à son insu, se créa des partisans. La fermeté dans Tadministration, le maintien rigoureux de la discipline, le respect même qu'on inspire, vous exposent dans le monde à tous les ressentiments de Tinjustice et de l'orgueil ; mais les cardinaux découvrirent dans le camerlingue toutes les qualités nécessaires à un pape qui devait succéder au glorieux et si éprouvé Pie IX. C'est sur lui. Italien et né dans les États de l'Église ; sur lui, familiarisé avec les affaires administratives et diplomatiques du Saint-Siège; sur lui, qui avait résidé comme évèque pendant trente-deux ans dans le même diocèse ; sur lui, savant en théologie, en droit, en philosophie, en littérature; sur lui, riche dé tant de vertus et de mérites naturels ou acquis; sur lui, si éminent, si pieux, si chaud pour la cause du règne de Jésus-Christ dans le monde, que les suffrages des princes électeurs devaient se réunir au milieu de l'allégresse de la chrétienté.

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